Les thÉories du complot :
analyse des argumentaires
 
     
 

Benoît Gagnon
Julie Béliveau-Verville
Stéphane Leman-Langlois

Pour tout commentaire contactez ERTA

Dernière mise à jour : 14 juin 2009

 
     
  1. Arguments généraux -- arguments d'intentions -- arguments spécifiques -- conflit des complots -- explication de la popularité des théories du complot
2. Le World Trade Center
3. La Tour 7
4. Le Pentagone
5. Le vol United 93

 
     
  Nous présentons les arguments pro-complot à gauche et les contre-arguments à droite. lorsqu'une case est laissée vide, c'est qu'aucune réponse directe, sur ce point particulier, ne peut être faite.

La plupart des arguments pro-complot présentés ici sont tirés du film-culte « Loose Change ». Bien que nous soyons conscients qu'il s'agisse d'un document dont les failles sont notées même par des adeptes de théories du complot, nous croyons que sa popularité justifie un tel choix.

Plusieurs autres arguments se grefferont à mesure que nous receverons des courriels sur le sujet.

 
     
  1. Arguments généraux  
 
complot
pas de complot
- les tours tombèrent suite à une démolition contrôlée 1- ce genre de démolition requiert des semaines de travail. Il faut dénuder les piliers, y attacher des explosifs. Les détonateurs utilisés doivent être connectés par fil à l'endroit où le contrôle de détonation sera situé (une connexion radio est trop dangereuse vu les interférences possibles).
2- Ceci implique des dizaines de travailleurs experts en démolition, dont aucun ne choisira de parler de ce travail par la suite.
3- Une démolition contrôlée semble inutile: un complot où des avions s'encastrent dans les tours serait suffisant pour justifier les dépenses, lois, guerres etc. évoquées par les théoriciens du complot. Ceci serait également plus sécuritaire puisqu'il n'y aurait aucun risque qu'on trouve dans les décombres des restes de l'installation d'explosifs.
4- les démolitions contrôlées ne fonctionnent souvent pas. Dans ce cas, l'ensemble du matériel serait découvert par les équipes d'urgence et éventuellement lors des rénovations.
- un missile de croisière toucha le Pentagone - pour lancer un missile d'un vaisseau au large ou d'un avion et le faire disparaître des inventaires de la marine ou de l'Air force il faudrait s'assurer la coopération de dizaines de personnes.
- pourquoi n'a-t-on pas détruit les avions en vol ? - en rétrospective cette décision peut sembler facile (quoi que), mais au moment de la prendre, l'objectif des pilotes est toujours inconnu et cette destruction implique de tuer des centaines de citoyens étatsuniens.
- plusieurs « trous » subsistent dans l'explication - En effet. Cependant, tout événement, du plus simple au plus complexe, ne se produisant pas dans les conditions contrôlées d'un laboratoire, ne pourra jamais être décrit qu'en partie. Espérer une explication complète des moindres détails de l'histoire du 9/11 est entièrement irréaliste, c'est exiger un standard qu'aucune autre histoire n'a jamais su rencontrer.

Sur ce même point, notons aussi qu'en matière de « trous » la théorie du complot fait dans l'assez énorme. En fait, comme les présentes pages le démontrent, la version présentée par Loose Change, entre autre, n'est qu'une salade de théories ad hoc, ou « bouche-trous », une suite de béquilles servant à maintenir debout un édifice de suppositions. Par exemple, pour démontrer que des avions téléguidés ont été utilisés, il est grossièrement insuffisant de dire, en tout et pour tout, que de tels avions existent. Il faut montrer des preuves que certains ont effectivement été utilisés dans cette histoire précise. Autrement il s'agit d'un « trou » colossal et absolument fondamental !

- plusieurs personnes croient qu'il y a eu complot et exigent une enquête « indépendante » - La commission sur le 9/11 répond au critère d'indépendance. Sinon, aucune autre commission ne le rencontrera non plus. Il y aura toujours tel ou tel expert, telle ou telle connexion « au gouvernement ».

- Sur le fond : il n'est pas rare que des milliers, voire des millions d'êtres humains se trompent. Beaucoup d'Étatsuniens rejettent la théorie de l'évolution et préfèrent s'en remettre à Adam et Ève. C'est insuffisant, en soi, pour traiter Darwin de menteur.

 
     
     
  2. Arguments d'intentions  
 
complot
pas de complot
- Les attentats du 11 septembre 2001 serait en fait un complot pour justifier plusieurs choses : la guerre en Irak , le Patriot Act, le Homeland Security Department, etc. (Loose Change)
- Il y a une différence entre profiter d’une situation après coup et la créer. Même les pires formes d'opportunisme et de profit fondés sur des tragédies restent, par définition, une utilisation abusive de situations et des événements.
- Les attaques ont servi à justifier le bouclier anti-missile et à obtenir plus d’argent pour ce projet. (Griffin, 2004) - Le bouclier anti-missile ne protégera personne contre des avions puisqu'il est conçu pour détruire des cibles dans l'espace.
-  Le gouvernement américain a instauré beaucoup trop de nouvelles mesures par la suite : 40 milliards de dollars supplémentaires pour l’armée, 50 000 réservistes, s’est octroyé les plein pouvoirs contre les pays liés au terrorisme, la création du Homeland Security, dirigé par un ancien marine, le PATRIOT act, etc. (Meyssan, 2002a) - Il s’agit de mesures réactives, le fait qu’elles aient été mises en place ne prouve rien sur un possible complot.
- En 2000, le département de la Justice fait paraître un manuel sur le terrorisme et le WTC est identifié comme cible. - Il s’agissait de scénarios possibles. La cible est celle des attentats de 1993 contre le WTC. Le fait que les terroristes choisissent souvent de s'attaquer à des cibles hautement symboliques n'est pas nouveau. Au contraire, c'est un fait hautement commun dans l'histoire du terrorisme.
- encore une fois, s'il un complot se prépare, pourquoi l'annoncer à l'avance dans un document officiel ?
- En 2000, un document intitulé « Project for a new American Century » écrit entre autres par Cheney et Rumsfield mentionne que les transformations de la Défense américaine pourraient inclure des changements révolutionnaires comportant des évènements catastrophiques et catalyseurs (Loose Change) - Ces détails prouvent en fait qu'il n'y a pas de complot : S’il s’agissait d’un complot, les responsables ne l'annonceraient pas ainsi publiquement. Par ailleurs, il n'y a rien de particulièrement révélateur dans l'idée que des événements importants changent le cours de l'histoire.
- Le document en question fut principalement écrit pour augmenter le budget de recherche en défense.
- Il s’agit de changements révolutionnaires dans l’appareil militaire.
- À l’époque, l’Iran était davantage une menace que l’Irak.
- Pourquoi aucune enquête publique n’a été menée sur les milliards de dollars gagnés en bourse par les investisseurs ayant vendu leurs actions d’American Airlines et d’United Airlines ? (Lansberg, 2003) - Cette information est biaisée. Les actions de compagnies sont échangées à tous les jours à la bourse.
- De plus, si toutes ces personnes étaient au courant du complot, il est relativement étrange qu'encore personne n'ait ouvert son sac.
- Les attaques du 11 septembre 2001 seraient le fruit d’un complot entre les États-Unis et Israël pour entrer en guerre contre le monde musulman.
- Les juifs auraient été avertis de ne pas aller travailler le 11 septembre. (Goldberg, 2004)
- Meyssan (2002a) estime quant à lui qu’ils auraient reçu un courriel 2 heures avant les écrasements pour les avertir de quitter les tours du WTC.
- Il y avait pourtant des noms juifs dans la liste des victimes. (Goldberg, 2004). Cette information est fausse en plus de colporter les pires ragots contre « les Juifs »

- Plus le mensonge est gros, plus il a de chance d’être cru par la population. (Griffin, 2004)

- Les attaques n’ont peut-être pas été organisées par le gouvernement américain, mais ils savaient ce qui allait se passer et ils n’ont rien fait pour les empêcher. (Griffin, 2004).

- Pourquoi avoir monté quelque chose de si compliqué sil s’agit d’un complot ? Une attaque biologique ou chimique aurait impliqué moins de gens et auraient été plus facile à mettre en œuvre. (Griffin, 2004).

 
     
     
  3. Arguments spécifiques  
 
complot
pas de complot
- En 1984, un avion aurait volé pendant 16 heures et 22 minutes sans pilote, ce qui démontre que c’est possible.
- En 1998, un avion a également volé sans pilote à 32 000 pieds d’altitude. (Loose Change)
- Il n'y a pas de raison de penser que les avions impliqués dans les attaques du 11 septembre 2001 n’avaient pas de pilote. Le fait que ceci soit possible ne prouve rien.
- Le 24 octobre 2000, Charles Burlingame aurait participé à une simulation d’écrasement d’un Boeing 757 sur le Pentagone. C’est lui qui pilotait un des avions des attentats du 11/9. Il aurait pris sa retraite de l’armée pour travailler chez American Airlines peu après l’exercice. (Loose Change) - Charles Burlingame a pris sa retraite de l’armée en 1996.
- Des options de vente ont été mises en grande quantité sur les actions d’American Airlines et d’United Airlines quelques jours avant le 11 septembre 2001. (Loose Change et Meyssan, 2002) - Les actions de ces compagnies perdaient de la valeur depuis quelques mois déjà et des résultats financiers faibles étaient attendus, ce qui a pu inciter les détenteurs à vendre leurs actions. (www.911myths.com)
- Le marché boursier avait atteint des sommets de vente semblables à d’autres moments dans l’année. (Molé, 2006)
- Plusieurs hauts-gradés ont annulé leurs vols prévus le 11 septembre 2001.

- Information sans doute fausse. Mais s'il s'agissait d'un complot, il aurait été plus intelligent de simplement éviter les 4 avions et de voyager comme si de rien n'était.
- Au fait, comment a-t-on pu trouver cette information ?

- Le maire de San Francisco aurait reçu un appel lui disant de ne pas prendre son vol. (Loose Change) - Il a confirmé avoir reçu ce coup de téléphone, mais il n’avait rien d’alarmant car il en reçoit souvent de ses contacts à l’aéroport pour lui signaler des retards ou des annulations de vol. (www.911myths.com)
- Les boîtes noires du vol 77 ne contenaient rien d’intéressant aux dires des autorités. Leur contenu n’a pas été dévoilé.
- Le contenu des boîtes noires du vol 93 a seulement été dévoilé aux familles des victimes. Certains passages ont été censurés.
- Les boîtes noires des vols ayant percuté le WTC n’ont pas été retrouvées, ce qui est rare dans l’aviation. Le passeport d’un des pirates de l’air a cependant été retrouvé. (Loose Change)
- Ce qui est ou n'est pas retrouvé tient de l'imprévisible.
- Le numéro du vol 93 (N591UA) aurait été aperçu sur le vol 111 d’United Airlines par David Friedman, employé d’United Airlines à l’aéroport de Chicago.
- Les numéros N591UA (vol 93) et N612UA (vol 175) seraient « valides » d’après la FAA.
- Les vols 11 et 77 seraient quant à eux listés comme « détruits ». (Loose Change)
- Informations fausses
- Les appels logés depuis les avions seraient inventés car il est très difficile d’appeler d’un téléphone cellulaire en altitude.

- Difficile, mais pas impossible. Notons que l'altitude à laquelle se sont déplacés les avions n'était pas l'altitude standard de croisière.
- Plusieurs ont logé leurs appels depuis les téléphones disponibles dans les avions.
- Les boîtes noires confirment les appels logés (Dubé, 2006)
- Seulement 4 minutes d’une conversation de 23 minutes tenue par une hôtesse de l’air a été diffusée, pourquoi pas la conversation au complet ? - Parce que c'était une conversation privée sans intérêt général ? Faudrait également choisir : ou bien l'avion est vide et téléguidé, ou bien une hôtesse de l'air y converse durant 23 minutes.
- Il serait possible de cloner une voix pendant quelques minutes avec un échantillon de 10 minutes. (Loose Change) - Encore une fois, bien des choses sont possibles. Il est également possible, et plus probable, que ces voix n'aient pas été « clonées ».
- Neuf des 19 présumés terroristes seraient toujours vivants et auraient été aperçus dans leurs pays respectifs après le 11 septembre. (Loose Change)
- Ben Laden aurait circulé librement à Jalalabad pendant que l’Afghanistan était bombardé (Meyssan, 2002)
- Tient du folklore.
ben laden
- La vidéo de Ben Laden revendiquant les attentats serait fausse : elle est de très faible qualité, l’homme sur la vidéo ne ressemblerait pas à Ben Laden ni ne se comporterait comme lui.
- Selon le FBI, il serait gaucher mais dans la vidéo on le verrait écrire une note de la main droite.
- Il porte une bague, ce qui serait interdit par l’Islam. (Loose Change)
- Informations fausses; par ailleurs, ben Laden a revendiqué l'attentat plusieurs fois.
- Il y a 40 ans, on aurait commis des attentats sur le territoire américain, les faisant passer pour des « avions-bombe » cubains pour justifier une attaque envers Cuba. Ils auraient pu faire la même chose pour le 11 septembre 2001. (Meyssan, 2002)
- Les États-Unis auraient planifié de faire porter le chapeau à Cuba pour une attaque organisée contre la base militaire de Guantanamo, de couler un bateau en eaux cubaines et d’attaquer des exilés cubains à Miami. S’ils l’ont déjà planifié pour Cuba et étaient prêts à sacrifier des hommes pour combattre Cuba, ils pourraient encore l’avoir fait. (Meyssan, 2002a)
- n'a rien à voir avec les faits à l'étude
- Il aurait pu être possible de prendre le contrôle à distance des avions, grâce à la technologie Global Hawk, développée par l’US Air Force. (Meyssan, 2002)
- Les vols auraient été dirigés à distance sur leurs cibles. (Apathoid, 2007)
- L’équipage expérimenté se serait aperçu du contrôle exercé et ils ont un contrôle sur le pilote automatique.
- Il s’agit d’un système trop compliqué à trafiquer.
- Un sabotage serait facile à voir lors des inspections préalables aux vols.
- Les avions sont rarement laissés sans surveillance. (Apathoid, 2007)
- Il pourrait s’agir d’avions militaires déguisés en avions de ligne. Les vrais avions auraient atterri ailleurs et les passagers auraient été tués. - Les compagnies aériennes seraient impliquées dans le meurtre de leurs employés et passagers ?
- Les compagnies ont perdu des milliards de dollars
- Des centaines de témoins ont vu les avions d’American Airlines et des milliers le vol 175 d’United Airlines.
- Il n’y aurait pas eu de pilote pour reprendre le contrôle sur le pilote automatique. (Apathoid, 2007) - L’équipage a de nombreux contacts avec les pilotes, ils s’en seraient donc rendu compte s’il n’y en avait pas eu.
- Le système GPS aurait facilement pu être enlevé par l’équipage. (Apathoid, 2007)
- Il y aurait eu un sabotage de la pressurisation pour neutraliser les pilotes, l’équipage et les passagers et on aurait envoyé des gaz pour les droguer. (Apathoid, 2007) - C’est compliqué à faire et un changement de pressurisation aurait été détecté par les instruments.
- Les pilotes et les passagers mettraient leurs masques.
- Les réservoirs d’oxygène sont remplis juste avant le décollage, donc le laps de temps disponible pour substituer l’oxygène par un gaz toxique aurait été très court. (Aparthoid, 2007)
- Comment 19 étudiants arabes ont pu manœuvrer des avions et percuter une cible précise ?
- Ils n’étaient pas sur les listes de passagers. (Dubé, 2006)
- Ils avaient plusieurs heures de classe et de vol à leur actif.
- Ils n’avaient pas à faire des manœuvres compliquées, telles qu’atterrir, décoller et manœuvrer dans des conditions climatiques difficiles.
- Ils disposaient de GPS et le WTC est visible à plus de 10 km. (Dubé, 2006)
- Seulement un terroriste par avion devait être entraîné à piloter. (Dunbar et Reagan, 2006)
- Ils n’étaient peut-être pas sur la liste des victimes, mais étaient sur celles des passagers.
- Leurs images ont été captées par les caméras à l’aéroport. (Dubé, 2006)

- Si le gouvernement a menti sur la présence d’armes de destruction massive en Irak, il a aussi menti pour le 11 septembre 2001. (Dubé, 2006) - Cette analogie ne tient pas. Il y a une grande différence entre mentir et tuer 3000 de ses propres citoyens pour justifier une guerre. (Dubé, 2006). D'ailleurs, si le mensonge pour envahir l'Irak a fonctionné, sans devoir massacrer 3000 personnes, pourquoi aurait-on jugé bon de feindre une attaque pour envahir l'Afghanistan? À l'époque, les frasques des Talibans (exécutions publiques de femmes adultères, destruction du patrimoine, interdictions multiples, exactions, etc.) soulevaient déjà des réponses de la part de la communauté internationale.

- Comment se fait-il que la défense la plus puissante au monde n’ait pas réussi à empêcher ces attaques ?
- Comment le FBI a-t-il pu savoir dans les 24h suivant les attaques l’identité des terroristes ?
- Si on avait déjà des dossiers à leur sujet, pourquoi n’avoir rien fait avant ?
- Pourquoi le président Bush est resté dans la classe où il était pendant 30 minutes alors qu’il était au courant qu’un avion avait percuté la 2e tour ? (Lansberg, 2003)
- Il n'y a pas de raison de supposer un complot lorsque l'incompétence ordinaire explique parfaitement les choses. Le FBI se trompe des centaines de fois par jour, comme toute organisation policière moyenne.
- le FBI a identifié les terroristes à partir des listes de passagers.
- Les services de renseignements américains auraient dû être capables de connecter les « dots ». (Griffin, 2004). - Peut-être, mais ça ne démontre pas un complot. Il s’agit d’erreurs humaines. La CIA, en 1989, n'a jamais vu venir la chute du mur de Berlin et l'effondrement du bloc soviétique. Après les faits, tout est facile, mais au moment crucial il est souvent passablement difficile de faire l'analyse des événements.
- Les coupables ont été trouvés beaucoup trop rapidement. (Meyssan, 2002a)

- On avait les enregistrements vidéo des passagers suspects, en plus des listes de passagers.
- Une politique de « secret » a été instaurée au Département de la Défense. Les employés auraient reçu des directives concernant notamment les discussions en public. Ceci dans le but d’assurer le secret de l’enquête sur le 11 septembre 2001.
- Le FBI a confisqué les bandes des frères Naudet, qui tournaient un documentaire aux alentours et ayant filmé le premier écrasement.
- Odigo (compagnie juive qui était installée au WTC) aurait reçu l’ordre de ne pas communiquer avec la presse.
- Les preuves détenues contre Ben Laden sont restées secrètes. (Meyssan, 2002a)
- Il est absolument routinier de mener une enquête dans le secret. Ça sert à assurer, entre autres, que s'il y a des comploteurs ils ne savent pas à qui les enquêteurs ont parlé ni la nature ou quantité des informations qui sont à leur disponibilité.
- Ben Laden a longtemps collaboré avec les États-Unis. L’hostilité de Ben Laden envers les États-Unis depuis les attaques de 1998 à Nairobi a servi à faire croire que cette collaboration était terminée. Sa tête valait alors 5 millions de dollars. - Il n'existe pas de preuve que ben Laden a directement collaboré avec la CIA. Ceux qui le prétendent font référence aux années de guerre contre l'URSS en Afghanistan, où plusieurs arabes étaient venus prêter main forte aux Afghans. Ces moudjahiddines étaient en effet soutenus par les ÉU à l'époque. Si collaboration il y eut à cette époque, rien ne permet de conclure qu'elle continuerait dans un complot visant à tuer des étatsuniens sur le sol étatsunien, soulignant ainsi l'incompétence de la CIA et le FBI dans leur mission de protection du territoire.
- Mais en juillet 2001, il aurait été aperçu alors qu’il allait se faire soigner dans un hôpital américain à Dubaï. Des membres de la CIA lui auraient rendu visite selon des témoins. Ceci montre donc de bonnes relations. (Meyssan, 2002a)
- Ben Laden aurait pu être arrêté à plusieurs occasions, avant et après le 11 septembre. En fait, on n’a pas vraiment essayé de le capturer. (Griffin, 2004).

- La CIA, l’hôpital américain et Ben Laden nient ce fait. (Griffin, 2004)
- On n’a pas voulu faire de plea bargain avec Moussaoui pour savoir ce qui s’était passé. On voulait plutôt l’empêcher de parler publiquement. (Griffin, 2004) - conjecture. En fait on sait ce qui s'est passé encore mieux que Moussaoui. Les 19 terroristes n'ont appris les détails de leur mission qu'au matin du 11 septembre... or, Moussaoui, en prison, n'était pas au rendez-vous.
 
     
     
  4. Conflit des complots
Il existe des dizaines de théories du complot différentes, toutes plus ou moins contradictoires. On peut les séparer en trois catégories, selon le niveau d'implication, d'activité des comploteurs semi-quasi-para-gouvernementaux :
 
 
 
rôle respectif des acteurs selon le type de complot
acteurs
actif - maximal
semi-actif
passif
« ils » (la CIA, le FBI, la Maison blanche, etc. ; varie selon la théorie ) avions pilotés à distance, missile lancé sur le Pentagone, charges de démolition sur le WTC, surtout pour la tour 7 « ils » donnent leur approbation et/ou soutien à ben Laden et aux 19 « ils » savent que quelque chose se prépare, observent mais n'interviennent pas
ben Laden, Khalid Sheik Mohammed aucun rôle. servent de cible pour des visées politiques organisent l'attaque pour « eux » conçoivent et organisent l'attaque ; inconscients de la surveillance dont ils sont l'objet
les 19 terroristes aucun rôle : n'existent pas, ou sont toujours en vie quelque part programmés par ben Laden pour mener l'attaque à bien ; inconscients des motifs réels et des sponsors de l'attentat mènent à bien la mission qu'on leur a donnée
 
     
     
 
5. Explications possibles de la popularité des théories du complot

Comme dans bien d’autres produits culturels du genre (on n’a pas marché sur la lune, les extraterrestres sont parmi nous, etc.), un film comme Loose Change n'a aucun besoin de présenter un contenu factuel raisonnable pour être accepté (on y voit interviewés un concierge, un groupe de pompiers, un instructeur de vol, un paquet de gens non identifiés).

Ceci soulève la question de savoir pourquoi des gens sensés y trouvent un intérêt (36 % des répondants à un sondage aux ÉU sont convaincus que des agents du gouvernement y sont mêlés. 16 % croient que les tours du WTC ont été détruites par des explosions de démolition).

Quelques facteurs pouvant expliquer la popularité des thèses de conspiration gouvernementale :

1. Désapprobation politique : mène à une confusion entre utilisation opportuniste et planification
     a. Effectivement, les événements subséquents montrent une volonté immédiate, très choquante pour certains :
           i. non seulement de répondre à l’attaque mais également de lancer une politique interventionniste au moyen-orient (de plus, les buts identifiés de cette politiques sont bassement mercantiles [pétrole])
          ii. D’augmenter des budgets de la défense et de la sécurité intérieure
          iii. Enfin, un ajustement des lois : nouveaux pouvoirs aux autorités (+centralisation : DHS), diminution des droits des citoyens (surtout, habeas corpus, caractère privé des communications)
     b. Seulement, l’opportunisme, par définition, n’est pas le résultat d’une planification.

2. Désubordination
     a. Ralph Miliband a ainsi appelé la disparition de l’autorité traditionnelle de plusieurs institutions durant les années 1960 et 1970 : le respect envers l’État, les politiciens, les fonctionnaires, la police, l’école, l’Église et ses représentants, les parents, les adultes, les employeurs, etc...
     b. En bordure, la désubordination a engendré un « scepticisme » marqué envers l’État, la politique organisée, les partis politiques et les politiciens.
     c. Ainsi, rien de ce que disent les politiciens ne peut être accepté comme tel : tout langage politique cache des intentions secondaires — si on ne les voit pas tout de suite, il est prudent de les supposer.

3. Le consumérisme, produit de la désubordination, n’aide pas :
     a. Le consommateur d’information est éduqué à l’école du consumérisme : il n’accepte plus le langage de la vente. Accepter au premier niveau est considéré comme naïf
     b. Par ailleurs, dans la société de l’information et le fouillis internet, on trouve de tout : une recherche google atta+passport sort 100 000 hits; la presque totalité sont des faussetés (en fait, on n’a jamais trouvé le passeport d’Atta, mais celui d’un autre des terroristes)

4. Ethnométhodologie : « descriptibilité » (accountability)
     a. L’ethnométhodologie nous explique la formation de la culture au niveau local. Il s’agit, pour l’individu réfléchissant, de rendre compte de la réalité à l’aide de la forme narrative. L’objectif est toujours de découper la réalité à l’échelle humaine : le monde en fonction de l’acteur qui y évolue.
     b. Ainsi, il est plus facile de réfléchir en termes de pouvoir gouvernemental, d’institutions mythiques fonctionnant comme des entités pensantes (« la Maison blanche », « la CIA ») et bien sûr en termes volontaristes d’individus manipulateurs (George Bush, Donald Rumsfeld, Dick Cheney, Paul Wolfowitz), surtout si ces individus nous ressemblent (contrairement à Oussama ben Laden ou Khaled Sheik Mohammed)
     c. Au contraire, une analyse qui implique
          i. Des individus ayant une culture radicalement différente
          ii. Une détermination de type religieux, où le bénéfice personnel est difficile à cibler (pré ou a-moderne). La motivation religieuse est un anachronisme dans l’Occident de la « modernité tardive ».
          iii. Des enjeux multiples, à multiples niveaux (institutionnel, de groupe, individuel), qui sont contradictoires (par exemple, noter la variation des politiques gouvernementales [entre autre au sujet d’OBL et des moudjaheddines] comme preuve d’une conspiration, quand en fait ces dernières sont le résultats de processus internes complexes et fortement contingents.... donc fondamentalement instables)

 
     
     
 

Références intéressantes

  • 911myths.com.
  • 911review.com.
  • Apathoid, Jay H., 2007. Remote takeover on 9/11 : A critical analysis.
  • Bunel, Pierre-Henri, 2002. L’effet d’une charge creuse. Dans Le Pentagate (dir. Thierry Meyssan), editions Carnot.
  • Chertoff, Benjamin et al, 2005. 9/11 Debunking the Myths. Popular Mechanics, 182 (3), 71-82.
  • Dubé, Louis, 2006. Les théories du complot. L’effroyable sélection des faits. Québec sceptique, 61, 5-9.
  • Dunbar, David et B. Reagan, 2006. Debunking 9/11 Myths. Why conspiracy theories can’t stand up to the facts. Hearst Books, New York.
  • Goldberg, Robert Alan, 2004. Who profited from the crime ? Intelligence failure, conspiracy theories and the case of September 11. Intelligence and National Security, 19(2), 249-261.
  • Griffin, David Ray, 2004. The new Pearl Harbor. Disturbing questions about the Bush administration and 9/11. Olive Branch Press, Massachusetts.
  • Griffin, David Ray, 2007. Debunking 9/11 Debunking: An answer to Popular Mechanics and other defenders of the official conspiracy theory. Olive Branch Press, Massachusetts.
  • Lansberg, Michele, 2003. Conspiracy crusader doubts official 9/11 version. Toronto Star, 11 mai 2003
  • Loose Change 2nd edition, 2007. Vidéo.
  • Mackey, Ryan, 2007. On Debunking 9/11 debunking. Examining Dr. David Ray Griffin Latest Criticism of the NIST WTC Investigation.
  • Meyssan, Thierry, 2002. Le Pentagate. Editions Carnot.
  • Meyssan, Thierry, 2002a. The Big Lie. Carnot USA.
  • Molé, Phil, 2006. 9/11 Conspiracy Theories. The 9/11 Truth Movement in Perspective. Skeptic, 12(4), 30-42
 
     
   
 
2002-2014, ERTA