L'affaire Maher Arar

 
     
  Chronologie détaillée des événements
1 : 1970 - 6 octobre 2003
 
 

1970 - 6 octobre 2005
9 octobre 2003 - 13 septembre 2005
14 septembre 2005 - 30 juin 2008

 
 

 

 
  1970, Syrie
Naissance de Maher Arar (voir CBC ; Commission Arar ; Maherarar.ca).
 
     
 
1987
Arrivée de Maher Arar au Canada. Il a alors 17 ans et immigre avec sa famille (« to avoid mandatory military requirements » selon l'encyclopédie Wikipédia). Il obtiendra un baccalauréat ainsi qu'une maîtrise en génie informatique. Cela lui permettra de travailler à Ottawa comme ingénieur des télécommunications.
 
     
  1991
Arar devient citoyen canadien.
 
     
  1997
Arar, sa femme Monia Mazig et ses deux jeunes enfants déménagent à Ottawa.
 
     
 

26 septembre 2002
Maher Arar revient de ses vacances en Tunisie. Son avion part de Zurich (Suisse) et atterri à l'aéroport John F. Kennedy de New York à 14h. Il devait changer d'avion pour revenir au Canada. Quand son nom est entré dans l'ordinateur, on décide de le mettre à part, puis de le photographier et de prendre ses empreintes digitales. On photocopie aussi son passeport, tout en refusant de répondre à ses questions et en lui refusant son droit de faire un appel ainsi que son droit à un avocat, et ce sous prétexte qu'il n'était pas citoyen américain. Il est alors arrêté, questionné et détenu, pour des prétendus liens avec al-Qaïda, par les responsables de l'immigration étasunienne (Immigration and Naturalization Service [INS] ; ce service a changé de nom depuis son intérgation au Department of Homeland Security [DHS] le 1er mars 2003, devenant le U.S. Citizenship and Immigration Services [USCIS]). Il est donc suspecté d'être un terroriste.

L'interrogatoire, intense et humiliant, portera plus précisément sur son travail, son salaire, ses voyages aux États-Unis ainsi que sur diverses personnes. On l'aurait entre autres questionné à propos d'Abdullah Almalki.

 
     
 

27 septembre 2002
Dès 9h du matin, on recommence à interroger Arar. Il n'aurait pas mangé ni dormi depuis qu'il avait embarqué dans l'avion à Zurich. Il a été interrogé pendant huit heures, entre autres à propos de ce qu'il pensait de Ben Laden, de la Palestine et de l'Irak. On l'aurait aussi interrogé à propos des mosquées qu'il fréquente, de ses comptes de banque, de ses adresses de courriel ainsi que sur les personnes qu'il connaît. Un responsable de l'INS lui fait savoir qu'il serait préférable qu'il décide volontairement de retourner en Syrie. Arar refuse et affirme qu'il voudrait retourner au Canada. Il demande de nouveau à pouvoir consulter un avocat, ce qu'on lui refuse. Puis, on lui demande de signer un formulaire d'immigration, tout en lui refusant l'accès au contenu de celui-ci. À bout de patience, Arar signe le formulaire.

Aux environs de 20h, il est enchaîné et conduit au Metropolitan Detention Centre (MDC) à New York. Arar continue de demander pourquoi il subit cette situation et on continue de refuser de lui répondre ou de lui dire où on l'emmène. On lui a ensuite fait une fouille à nu, puis on lui a demandé de signer des formulaires médicaux et on l'a vacciné. Il a demandé à quoi serviraient les vaccins, mais ils ne lui ont pas répondu. Arar a continué de demander un avocat et le droit de faire un appel téléphonique, ce qui a encore une fois été ignoré.

 
     
 
28 septembre 2002
Arar n'arrive pas à dormir avant le matin et on le réveille aux environs de 11h. Ce fut la première fois qu'on le laissait dormir depuis qu'il avait quitté Zurich deux jours plus tôt. Arar remarque qu'il est traité différemment des autres prisonniers. Par exemple, les gardiens ne lui donnent pas de brosse à dent ni accès aux journaux. Le deuxième ou troisième jour au MDC, on donne un document à Arar disant qu'il ne doit pas être admis aux États-Unis et ce sous la Section 235C de l'Immigration and Nationality Act, puisqu'il n'est pas un citoyen étatsunien.
 
     
 
2 octobre 2002
Arar continue encore et toujours à demander de voir un avocat ainsi que de pouvoir faire un appel, ce qu'on lui accorde finalement. On le laisse donc faire un appel de deux minutes à sa belle-mère qui habite Ottawa.
 
 
 
 
3 ou 4 octobre 2002
On demande à Arar de remplir un formulaire portant sur le lieu où il « aimerait » être déporté. Il choisit d'être envoyé au Canada et signe le document.
 
 
 
 
4 octobre 2002
Une responsable du consulat canadien, Maureen Girvan, rend visite à Arar. Ce dernier lui fait part de sa peur d'être déporté en Syrie et lui montre le document qu'il a signé. Elle l'assure que ça n'arrivera pas. Elle l'informe qu'elle a trouvé un avocat pour le défendre.
 
 
 
 
5 octobre 2002
Arar reçoit la visite d'une avocate, Amal Oummih. L'entretien dure 30 minutes. Arar lui parle de ses craintes puis lui demande de l'aide. Elle lui demande de ne rien signer en son absence.
 
 
 
 
6 octobre 2002
Vers 21h le dimanche soir, les gardiens sont venus chercher Arar dans sa cellule, en lui disant que son avocat était là pour le voir. Il est amené dans une pièce où des responsables l'attendaient. Son avocat n'était pas là. On lui dit alors qu'on avait contacté son avocat et qu'il a refusé de venir. Cela semble louche parce que l'avocat d'Arar est une femme. On lui a demandé pourquoi il ne voulait pas aller en Syrie. Arar leur répond qu'il craignait de se faire torturer là-bas. Il a expliqué cela en disant qu'il n'a pas fait son service militaire avant de quitter la Syrie, qu'il est un sunnite et que le cousin de sa mère a été accusé de faire partie des « Frères musulmans » et a été emprisonné. On lui a aussi demandé de signer un document, ce qu'il a refusé. Cela a continué jusqu'à 3h du matin, puis on l'a ramené à sa cellule.
 
 
 
 
8 octobre 2002
Arar est réveillé à 3h du matin et on lui dit qu'il est temps de partir. Une femme lui a lu un document qui disait que, sur la base d'une information secrète ne pouvant pas être lui être divulguée et puisqu'il connaissait un certain nombre de personnes (entre autres Abdullah Almalki, Nazih Almalki, et Ahmad Abou-el-Maati), le directeur de l'immigration des États-Unis (INS) avait décidé de le déporter en Syrie. Arar a protesté en disant qu'il y serait torturé. On l'a ignoré. Il a été enchaîné et conduit à l'aéroport du New Jersey. Il a été le seul passager d'un avion privé. L'avion a atterri à Washington, où les gens qui le surveillaient ont débarqué. Une nouvelle équipe a alors remplacé la première. Arar aurait entendu un homme parlant au téléphone, qui disait que la Syrie refusait de le prendre directement, mais que la Jordanie le prendrait. Ils sont allés à Portland, à Rome, puis à Amman, en Jordanie. On lui donne alors un chandail et un jeans. Il ne savait pas qu'il porterait ces vêtements jusqu'à la fin décembre.
 
 
 
 

9 octobre 2002
Le jet atterri à Amman, en Jordanie, à 3h du matin. Il y avait 6 ou 7 Jordaniens qui l'attendaient. Arar avait les yeux bandés et était enchaîné. On l'a mis dans une fourgonnette où il était battu intensément à chaque fois qu'il essayait de bouger ou de parler. Puis, on l'amène dans une cellule, après lui avoir posé les questions de routine. Dans l'après-midi, on a pris ses empreintes digitales et on l'a photographié. On lui a de nouveau bandé les yeux et on l'a mis dans une autre fourgonnette. On lui a dit qu'il retournait à Montréal.

Environ 45 minutes plus tard, on l'a mis dans une autre voiture. On l'a forcé à garder sa tête vers le sol et il a été battu de nouveau. Environ une heure plus tard, ils sont arrivés à un endroit qu'Arar croit être la frontière Syrienne. Il est de nouveau laissé à une nouvelle équipe et mis dans une nouvelle voiture qui a roulé pour un autre trois heures vers Damas, en Syrie.

Vers 18h, il est emmené dans un immeuble dont il a su plus tard que c'était celui de la « Far Falastin » (la branche palestinienne du renseignement militaire syrien). Puis, il est emmené dans une pièce pour être interrogé. Il y avait trois hommes dans la pièce, dont un était colonel. Arar a été questionné à propos de sa famille et sur le pourquoi de son départ de Syrie. Il a répondu aux questions alors qu'il se faisait menacer avec une chaise en métal qui servait à torturer les gens. Arar a alors décidé qu'il confesserait tout ce qu'on lui demanderait pour qu'on arrête de le torturer. L'interrogatoire aurait duré 4h sans aucune violence. On a apparemment utilisé uniquement la menace de violence.

 
 
 
 

10 octobre 2002
On informe les autorités canadiennes qu'Arar a été déporté. Très tôt dans la matinée, un gardien a amené Arar au sous-sol. Il voit alors pour la première fois la cellule dans laquelle il va vivre pour les 10 prochains mois. Cette cellule faisait 3 pieds de large, 6 pieds de profondeur sur 7 pieds de haut. Il n'y avait pas de source de lumière dans la cellule.     

 
     
 
11 octobre 2002
Très tôt dans la matinée, on fait subir un autre interrogatoire à Arar. Il est battu avec un câble électrique d'environ 4cm de diamètre. Il a aussi été menacé avec la chaise de métal, les chocs électriques et avec un pneu dans lequel les prisonniers sont immobilisés et battus.
 
 
 
 
12 octobre 2002
Arar est interrogé et battu pendant 8 heures. Arar les supplie d'arrêter. On lui demande s'il a reçu un entraînement militaire en Afghanistan. Il fait alors une fausse confession en répondant par l'affirmative. C'était la première fois qu'on questionnait Arar à propos de l'Afghanistan. On lui demande à quel camp et on lui présente une liste. Il choisit un camp parmi cette liste. Arar urine sur lui-même à 2 reprises durant cet interrogatoire. Pendant cette période d'interrogatoire intense, Arar n'aurait pas été ramené à sa cellule, mais plutôt gardé dans une salle d'attente d'où il pouvait entendre les autres prisonniers qui criaient et étaient torturés.
 
 
 
 
16 octobre 2002
Le ministre Bill Graham critique le gouvernement étatsunien en ce qui a trait à l'arrestation et à la déportation de Arar.
 
 
 
 
Du 17 au 22 octobre 2002
Durant la seconde semaine d'interrogatoire, l'intensité des raclées a diminuée. Ceux qui l'interrogeaient ont commencé à utiliser une nouvelle tactique, bandant les yeux d'Arar tout en le laissant entendre les discussions qu'on avait à propos de lui. On le frappait aussi par moments.
 
 
 
 
21 octobre 2002
Arar est vu en Syrie.
 
 
 
 
22 octobre 2002
Le ministère des Affaires étrangères est officiellement informé par la Syrie qu'Arar est gardé dans une prison syrienne.
 
 
 
 
23 octobre 2002
On permet à Arar de sortir de sa cellule et de se raser. On l'amène dans un autre immeuble où ceux qui l'interrogeaient ainsi que des enquêteurs l'attendaient. Ils avaient apparemment l'air nerveux. On lui interdit de révéler qu'il avait été battu. Il est ensuite amené dans une autre pièce où il a reçu sa première visite d'un représentant du consulat canadien en Syrie. À aucun moment il n'a été seul avec le représentant. Un de ceux qui l'interrogeait, un colonel ainsi que deux responsables syriens l'ont accompagné. La visite a duré environ 10 minutes et Arar a crié pendant tout ce temps.
 
 
 
 

29 octobre 2002
Arar reçoit sa deuxième visite du consul canadien. Il est de nouveau accompagné par les autorités syriennes ainsi que d'un de ceux qui l'ont interrogé.

Le Canada diffuse un avertissement à tous les Canadiens natifs de l'Iran, de l'Iraq, de la Libye, du Soudan et de la Syrie. On demandait à ceux-ci d'éviter d'entrer aux États-Unis puisqu'on venait de prendre la décision de photographier et de prendre les empreintes digitales de toutes les personnes nées dans ces pays et entrant aux États-Unis.

 
 
 
 
Début novembre 2002
On amène Arar pour le faire signer et mettre ses empreintes sur chaque page d'un document écrit à la main. On ne le laisse pas lire ce qu'il signe. On lui montre un autre document d'environ 3 pages, où il y avait des questions : Qui sont vos amis ? Combien de temps avez-vous été à l'extérieur du pays ? On lui demande d'écrire qu'il avait été en Afghanistan. On le force à signer et à mettre ses empreintes sur la dernière page de ce document.
 
 
 
 
12 novembre 2002
Arar reçoit sa 3e visite du consul canadien. Il est de nouveau accompagné des autorités syriennes et de celui qui l'a interrogé. Arar demande de l'argent pour qu'il puisse s'acheter des vêtements et des vivres. Après la rencontre, ceux qui le gardaient en captivité étaient fâchés de la requête qu'il avait fait, mais ne l'ont pas battu.
 
 
 
 

19 novembre 2002
La femme d'Arar, Monia Mazig, rencontre les responsables des Affaires étrangères du Canada.

 
     
 
10 décembre 2002
Arar reçoit sa 4e visite du consul canadien. Il est de nouveau accompagné des autorités syriennes et de celui qui l'a interrogé. Le consul lui apporte de l'argent. Deux semaines plus tard, Arar a pu se procurer de nouveaux vêtements et se changer pour la première fois depuis le vol en provenance des États-Unis.
 
 
 
 
Décembre 2002
Arar fait une crise nerveuse. Il perd le contrôle et se met à crier. Cela serait survenu à trois reprises. La deuxième fois, les gardes lui aurait permis de se laver le visage.
 
 
 
 
7 janvier 2003
Arar reçoit sa 5e visite du consul canadien. Il est de nouveau accompagné des autorités syriennes et de celui qui l'a interrogé.
 
 
 
 
8 février 2003
Arar reçoit sa 6e visite du consul canadien. Il est de nouveau accompagné des autorités syriennes et de celui qui l'a interrogé. Pendant la visite, les responsables syriens demandent pourquoi ces visites sont nécessaires, puisqu'ils s'occupent d'Arar.
 
 
 
 
Début avril 2003
Arar est amené dans une cour extérieure. C'était la première fois qu'il voyait le soleil depuis 6 mois.
 
 
 
 
23 avril 2003
On permet à Arar de sortir de sa cellule et de se raser. On lui dit de se peigner les cheveux et de bien laver son visage. On l'amène à l'extérieur puis dans une voiture pour aller dans un autre immeuble. On lui offre du thé. Les responsables syriens semblaient vraiment agités et nerveux. Arar est amené dans une autre pièce pour rencontrer l'ambassadeur canadien en Syrie ainsi que Marlene Catterall et Sarkis Assadourian, des députés libéraux. Il est toujours accompagné des autorités syriennes et de celui qui l'a interrogé. Il surprend une conversation des autorités à propos de la couverture médiatique de son cas.
 
 
 
 
30 avril 2003
La Syrie avise le Canada qu'elle va accuser Arar de faire partie des Frères musulmans.
 
 
 
 
Juin 2003
On permet à Arar d'aller à l'extérieur et voir le soleil à deux reprises. Il demande de rencontrer un enquêteur. Sa requête sera éventuellement accordée. Il demande d'être transféré dans une cellule convenable pour un être humain. Les autorités syriennes répondent qu'ils sont trop occupés par la situation en Irak et le renvoient dans sa cellule.
 
     
  Printemps 2003
Le sous-commissaire de la GRC, Garry Loeppky, s'oppose à l'envoi d'une lettre officielle du gouvernement à la Syrie, qui expliquerait qu'aucune preuve n'existe qu'Arar soit mêlé à des activités terroristes
 
 
 
 
27 juin 2003
Dans une lettre adressée à l'épouse d'Arar, le Premier ministre Jean Chrétien affirme qu'il fait tout en son pouvoir pour faire libérer Arar.
 
 
 
 

Juillet 2003
Arar demande de nouveau à rencontrer un enquêteur. Sa requête est accordée. Il lui dit qu'il n'a rien à voir avec al-Qaïda. Les autorités syriennes demandent à Arar pourquoi il est accusé de cela, pourquoi on a envoyé une délégation. On lui demande aussi pourquoi ces personnes le détestent autant. Arar répond qu'il l'ignore. On le questionne à propos de William Sampson. Il répond qu'il ne le connaît pas, ce qui est le cas. Après avoir été questionné, il se demande s'il s'agirait d'un journaliste.

Il se rend compte que sa peau devient jaune, et se sent sur le point de faire une dépression nerveuse.

 
 
 
 
31 juillet 2003
Le Canadian Council on American-Islamic Relations (CAIR-CAN) demande une commission parlementaire au sujet de l'arrestation et de la déportation d'Arar.
 
 
 
 
6 août 2003
Un rapport provenant du Syrien Human Rights Committee (SHRC) à Londres affirme qu'Arar a été torturé et battu lors de son incarcération.
 
 
 
 
7 août 2003
Monia Mazigh, la femme d'Arar, demande au Canada de contacter l'ambassade canadienne en Syrie.
 
 
 
 
8 août 2003
Bill Graham lui répond que le Canada ne recontactera pas l'ambassade canadienne en Syrie.
 
 
 
 
14 août 2003
Arar reçoit sa 7e visite du consul canadien. Il est de nouveau accompagné des autorités syriennes et de celui qui l'a interrogé. Le dirigeant du renseignement militaire syrien est aussi présent. Arar est convaincu qu'il ne pourra plus survivre dans ces conditions. Il est prêt à risquer la torture physique pour que la torture psychologique s'arrête ainsi que son emprisonnement dans cette cellule inhumaine. Il explose et raconte tout au consul canadien. Il parle de sa cellule et des conditions dans lesquelles il vit, et cela en anglais, devant les autorités syriennes. Le consul lui demande s'il a été torturé, ce à quoi Arar répond « oui, bien sûr ! depuis le début ». Après la rencontre, Arar comprend que ceux qui le tiennent en captivité étaient vraiment en colère. Il était terrifié à l'idée qu'il subisse de nouveau la torture physique. Il n'a pas été torturé.
 
 
 
 
19 août 2003
On fait monter Arar à l'étage puis on le fait asseoir au sol. On lui donne du papier pour qu'il puisse écrire. On lui demande d'écrire, entre autres choses, qu'il a visité un camp d'entraînement en Afghanistan. Le responsable le frappe à chaque fois qu'il s'oppose à quelque chose. Il menace de mettre Arar dans le pneu de torture. On force Arar à signer et à mettre ses empreintes digitales sur la dernière page. On amène alors Arar à la section d'enquête et il est enfermé dans une cellule collective qui fait environ 6 mètres par 4 mètres de grosseur. Il y avait environ 46 personnes entassées dans cet espace. Les autres prisonniers lui ont demandé qui il était et où il avait été gardé. Ils ont été choqués d'apprendre qu'il avait été enfermé dans cette cellule-tombeau aussi longtemps. Arar a passé la nuit dans cette cellule collective.
 
     
 
20 août 2003
On bande les yeux d'Arar et on le conduit à la prison Sednaya. Encore une fois, les autorités syriennes ne lui disent pas où ils vont. Les autres prisonniers emprisonnés à la section des enquêtes ont dit à Arar que les prisonniers sont torturés quand ils arrivent à cet endroit. Arar leur avait répondu qu'il avait récemment reçu la visite d'un responsable du consulat canadien. Cela semble avoir eu un impact puisque Arar n'a pas été torturé à son arrivé à la prison Sednaya. Il est placé dans une cellule collective et peut ainsi discuter avec les autres prisonniers. Il peut aussi se promener. Arar affirme que c'était comme être au paradis en comparaison avec sa situation lorsqu'il était à la section palestinienne.
 
 
 
 
19 ou 20 septembre 2003
Arar enseigne l'anglais à certains de ses co-détenus. Il apprend alors qu'un autre Canadien est arrivé dans la prison. Il voit un homme maigre avec la tête rasée et qui semble vraiment faible. Il réalise plus tard qu'il s'agit d'Abdullah Almalki. Celui-ci raconte à Arar que lui aussi était à la section palestinienne et qu'il a été emprisonné plus longtemps encore qu'Arar dans une cellule semblable à la sienne. Il raconte à Arar qu'il a été torturé durement, c'est-à-dire avec le pneu et les câbles. Il aurait aussi été torturé à la prison Sednaya quelques semaines auparavant.
 
 
 
 

25 septembre 2003
Le ministre Bill Graham affirme que les autorités de la Syrie lui ont assuré qu'Arar aurait droit à un procès civil plutôt qu'à un procès militaire. Le même jour, Monia Mazigh assiste à un comité des Affaires extérieures, et demande à la police militaire de continuer à travailler pour aider son mari. L'assistant commissaire de la GRC, Richard Proulx, refuse de discuter du cas avec la police militaire.

 
 
 
 
28 septembre au 4 octobre 2003
On demande à Arar de ramasser ses affaires. On lui bande les yeux, le met dans une camionnette et on le ramène à la section palestinienne. On le met dans une salle d'attente où il sera emprisonné pour sept jours. Pendant tout ce temps, il entendait crier les prisonniers qui étaient torturés. Arar se sentait désespéré de ne pas savoir ce qui lui arrivait.
 
 
 
 
3 octobre 2003
Alison Smith
, une journaliste, fait une entrevue à propos du cas de Maher Arar avec le secrétaire du Homeland Security des États-Unis, Tom Ridge ainsi qu'avec le vice-premier ministre John Manley.
 
 
 
 
4 octobre 2003
Vers 21h, on lui apprend qu'il va retourner au Canada. Il n'y croit pas.
 
 
 
 

5 octobre 2003
La Syrie libère finalement Arar. Le ministre des Affaires étrangères du Canada, Bill Graham, contacte la femme d'Arar, Monia Mazigh. Il attribue cette réussite à la diplomatie canadienne.

Ce matin-là, le colonel demande à Arar de se laver le visage. Il semble vraiment en colère. On enchaîne Arar aux poignets et aux jambes et on l'amène devant un tribunal. Arar continue de ne pas croire qu'il retourne au Canada. Il rencontre un procureur et lui demande de rencontrer un avocat. On lui répond qu'il n'en aura pas besoin. Le procureur fait la lecture de la confession d'Arar. Arar tente de protester, en disant qu'il avait été battu et forcé de dire qu'il était allé en Afghanistan. Le procureur ignore cela et lui demande de signer et de mettre ses empreintes sur le document. Arar fait ce qui lui est demandé. On ne le laisse pas voir le document. On ne lui impose aucune sanction et on lui dit qu'il sera libéré. Puis, on amène Arar à l'extérieur et on le ramène à la section palestinienne pour qu'il rencontre le dirigeant du renseignement militaire syrien et les responsables de l'ambassade canadienne. Arar fini par croire qu'il va être libéré. Le colonel l'escorte à l'extérieur de l'immeuble. On l'amène à l'ambassade canadienne puis chez le consul canadien pour qu'il puisse prendre une douche avant son vol quittant la Syrie.

 
 
 
 

6 octobre 2003
Arar est de retour à Montréal, 375 jours après que les responsables de l'immigration aux États-Unis l'aient arrêté.

 
 
 
     

 

   
 
2002-2014, ERTA