Le Ku Klux Klan:
mouvement terroriste ou simple mascarade extrémiste?

 
     
 
Jean Lelion 
2006
Texte produit dans le cadre du cours CRI 6224
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Introduction

Qui ne connaît pas l'acronyme KKK? Que veut-il dire? À quoi fait-il référence? Le mouvement du Ku Klux Klan a, depuis sa création, stimulé l'imaginaire. Ces trois lettres ont frappé les collectivités et demeurent synonymes de meurtres, de violence et de haine. C'est d'ailleurs par curiosité intellectuelle que nous avons décidé de nous y pencher. En fait, ne se limitant pas uniquement à un retour historique, nous nous demanderons d'une part si ce groupe attire toujours autant d'adeptes et analyserons d'autre part les actes que peuvent commettre ses adeptes. Généralement, le Ku Klux Klan canadien du vingt et unième siècle doit-il être considéré comme dangereux et potentiellement terroriste? Notre objectif, évaluer la «dangerosité» que ce groupe représente pour notre société moderne, ne peut être atteint sans passer au préalable par des étapes bien circonscrites. Il s'agira dans un premier temps de faire un retour historique sur les origines du Ku Klux Klan aux États-Unis, mais aussi au Canada. Après quoi, nous ferons une brève description du Klan actuel pour terminer par une analyse du péril que représente cette organisation à l'aide de quelques plusieurs.

 
     
 

Contenu

1. Les origines du Klan
2. Le Klan au Canada
3. Le Klan moderne
4. Analyse

 
     
 

Conclusion

En somme, nous concluons que le Klan ne représente pas vraiment une menace terroriste pour la société canadienne car le mouvement, s'il est toujours existant, ne peut être qualifié de terroriste. Le Klan serait plutôt un regroupement qui s'attaque principalement aux individus. Voulant préserver leur pays «pur», il serait absurde de saboter/détruire des infrastructures à grande échelle. Il préfère plutôt s'en prendre aux noirs et aux immigrants en général afin de passer un message clair à ces communautés. Bien que le Klan ne représente pas, à notre avis, une menace pour le pays, il n'en demeure pas moins qu'il peut en représenter une pour ces individus! Comme toute chose, le racisme s'est transformé au fil du temps (il change de cible, aujourd'hui, il est de type anti-musulmans depuis 2001); le racisme provoquant et direct comme celui du Klan du général Forrest, s'est métamorphosé. Matthew Lauder donne une explication assez juste de la situation actuelle; «While overt racist organizations are the most recognizable, they do not represent a threat to the maintenance of democracy and multiculturalism in Canada; rather the real threat emanates from this new generation of racialists, the crypto-radical rightwing, that strategically engage in the subtle manipulation of legitimate political and social concerns that promotes a moderate form of racism. In essence, the new generation of far right groups recognize that overt racism is rejected by most Canadians and attempt to establish a populist racist movement by exploiting fears and insecurities (in particular immigration issues) that encourage a tolerated form of racism».

Pour terminer, nous n'allons pas prétendre que le Klan, ou ses satellites, est un problème du passé. Ce n'est pas parce qu'il a disparu qu'il ne peut pas réapparaître. L'histoire a montré que même après un sommeil de cinquante ans, l'«ours» est capable de se réveiller et d'agir en force! Comme le souligne Sher, «racism is no stranger to Canada ; it was not born with the Klan and it will not die with it» (Sher, 1983: p. 213). À cet égard, un vent de droite serait-il en train de souffler sur le Québec? L'élection de Stephen Harper grâce à l'appui surprise des québécois, la promulgation du rapport «Pour un Québec lucide» qui a fait plusieurs heureux, les sondages donnant Lucien Bouchard allié de l'Action Démocratique du Québec gagnante aux prochaines élections et tout récemment, le sondage effectué par le magazine L'Actualité qui révèle que les québécois sont peu enclins à embaucher des noirs sont autant d'indices très révélateurs. Reviendrons-nous à l'époque pas si lointaine où «a controversial Gallupp Poll released by the federal government in mid-1982 showed that 31 per cent of Canadians would support laws that worked towards preserving Canada for white only» (Sher, 1983: p. 211)? Osons énoncer une idée paradoxale; quoiqu'en disent les spécialistes, nous croyons que la présence intermittente du Klan est «bonne» pour la santé globale d'une société car elle permet d'en tester les valeurs et de ne pas tomber dans l'illusion de la nature angélique de l'homme! Après tout, «the racism of the Klan is not the most dangerous threat to Canada» (Sher, 1983: p. 213). Le racisme institutionnalisé ne le serait-il pas davantage?

 
     
 

Références

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