Le vol 182 d'Air India: 20 ans de procédures

 
     
 

B. LES ACTEURS

 
     

Ajaib Singh Bagri a émigré au Canada en 1971. Par la suite, il s'est installé à Kamloops, une zone rurale de la Colombie-Britannique où il travaillait dans une scierie. Dans les médias, Bagri est identifié comme un prêtre sikh. Il aurait été un membre important du groupe Babbar Khalsa en Colombie-Britannique.

Tara Singh Hayer, éditeur du Indo-Canadian Times (séparatiste Sikh modéré) paralysé depuis une tentative de meurtre en 1988 est victime d'un autre attentat alors qu'il sortait de sa voiture pour s'installer dans sa chaise roulante. Il affirmait détenir des informations pouvant conduire à l'inculpation de Bagri.

Hardial Singh Johal, concierge dans une école en Colombie-Britannique et ardent supporter du mouvement Akhand Kirtani Jatha (un groupe sikh qui attache une importance particulière à la méditation et à la répétition du mantra « Vahiguru »), a fait partie de ceux ayant fait l'objet de perquisitions par la GRC en 1985. C'est son numéro de téléphone qui avait été donné comme référence au moment de l'achat des billets d'avion par « M. Singh ». Johal a été arrêté et interrogé à nouveau quand la GRC a procédé à l'inculpation de Reyat et de Bagri pour répondre de leur participation présumée en lien avec l'explosion du vol 182. Johal a été remis en liberté et, par la suite, il est mort de causes naturelles. On le soupçonne d'avoir été un des organisateurs des attentats. Les autorités compétentes ont établi qu'il était à l'aéroport de Vancouver le matin où les valises ont été enregistrées à bord des deux avions devant effectuer la liaison avec des avions d'Air India (Flight182.com).

Ripudaman Singh Malik a immigré au Canada en 1972. En 1986, Malik a procédé à l'ouverture d'une école sikhe indépendante, Khalsa School, une école associée aux activités des Sikhs fondamentalistes. Malik est présenté par un grand nombre d'observateurs comme un activiste en faveur de l'indépendance du Pendjab.

Par ailleurs, Malik a aussi initié la mise sur pied du Khalsa Credit Union. Ainsi, dans les médias, Malik est présenté comme un homme d'affaires prospère de la région de Vancouver (Globe and Mail). Malik ferait aussi partie de l'élite du secteur de l'immobilier. En outre, il possèderait une compagnie import-export de textiles (Rediff.com). En fin de compte, on estime que Malik a financé l'opération des explosions en relation avec l'affaire Air India.

Surhan Singh Gill, mandaté par le Khalistan National Council, aurait été un des fondateurs du mouvement indépendantiste sikh à Vancouver. Ce groupe était dirigé par le Dr. Jagjit Singh Chouhan qui était en exil à Londres à ce moment-là. Gill n'a jamais été inculpé et vit présentement en Angleterre.

Talwinder Singh Parmar est le fondateur charismatique de Babbar Khalsa, un groupe terroriste sikh. Parmar aurait eu pour lieutenant Ajaib Singh Bagri pour le seconder aux commandes de l'organisation. Après le raid de 1985 effectué à sa résidence, Parmar quitte le Canada et se rend au Pakistan. Il est alors l'hôte des agences gouvernementales pakistanaises responsables des troubles fomentés aux Indes. En octobre 1992, la police le tue lors d'un échange de coups de feu.

Le groupe Babbar Khalsa Society, ou Tigers of True Faith, était enregistré au Canada de 1993 à 1996 comme étant un organisme de charité. Le statut du groupe a été révoqué, en raison notamment de dépenses inexpliquées. La GRC estime que le groupe procédait à des levées de fonds en vue de l'achat d'armes pour les militants oeuvrant aux Indes (ICT).

Daljeet Singh Sandhu est un présumé complice de Ripudaman Singh Malik. Sandhu aurait été envoyé à l'aéroport récupérer les billets d'avion, il se définit comme un membre modéré de la communauté et comme un leader religieux. Dans le cours d'un reportage de la CBC, on le voit louanger l'homme qui a assassiné Indira Gandhi.

Inderjit Singh Reyat, âgé de 51 ans (Sify News), détient la double nationalité britannique et canadienne. Il était un électricien (ou mécanicien, ou encore électricien pour les automobiles) travaillant à Duncan, en Colombie-Britannique.

     
 
 
     
   
 
2002-2014, ERTA