Le vol 182 d'Air India: 20 ans de procédures

 
     
 
Louise Fines
2004

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Introduction

L'importance de ces attentats, outre qu'ils sont les plus meurtriers de l'aviation civile canadienne, ne peut être sous-estimée en raison d'un certain nombre d'éléments qui jusqu'à ce jour n'ont pas été élucidés. En effet, l'explosion du vol 182 d'Air India a révélé des aspects troublants du travail des agences de renseignement canadiennes. Sans cette affaire spécifique, la manière dont le Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS) effectue ses enquêtes, procède à la destruction de documents et conduit ses interrogatoires n'aurait sans doute pas été révélée au grand jour et fait l'objet de sérieuses remises en question, notamment de la part de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Incidemment, des accusations ont fusé de toutes parts, à savoir que le SCRS, avait intentionnellement procédé à un cover-up de l'affaire. La destruction des documents de surveillance est-elle une tentative délibérée de la part du SCRS de cacher des preuves ou s'agit-il simplement de procédures de routine en vigueur au sein de l'agence gouvernementale (CBC)?

C'est donc sur fond de controverses multiples, de mensonges répétés, de témoins qui se rétractent et se contredisent, de négociations multiples pour en arriver à un accord avec les accusés (par exemple, Inderjit Singh Reyat), de morts suspectes (tel que celle de Talwinder Singh Parmar), de l'utilisation contestable d'agents doubles que la Cour suprême de la Colombie-Britannique aspire à la conclusion du procès des accusés de ces actes qualifiés d'actes terroristes par les instances judiciaires, les agences gouvernementales et par les médias.

 
     
 

Contenu

A. CHRONOLOGIE CONTEXTUELLE DE L'ATTENTAT
B. LES ACTEURS

C. LES PROCÈS

 
     
 

Conclusion

L'affaire Air India met en évidence les tensions manifestes entre le SCRS et la GRC. En outre, des observateurs comme le député Sven Robinson ont avancé l'hypothèse que les 300 bandes incriminantes résultant d'opérations de surveillance ont été effacées par le SCRS parce qu'elles renfermaient des informations compromettantes pour le service (Radio-Canada). Par conséquent, les voix pour réclamer une enquête publique ont été nombreuses (The Economist, 2003). Un flou persiste sur la responsabilité de ces enregistrements et qui, par conséquent, aurait dû en empêcher la destruction. David Ayre, un agent au SCRS qui s'occupait du dossier de Parmar, a déclaré à la GRC que, dans le cadre de ses fonctions, il n'avait pas à s'assurer de la conservation des enregistrements (CBC).

La complexité de l'affaire Air India a fait dire à certains observateurs que les autorités canadiennes n'ont pas tenté de faire rapidement la lumière sur les dessous de ce dossier parce que les victimes étaient d'origine indienne. D'ailleurs, le Canada avait déjà auparavant manifesté une forme d'hostilité à l'égard des ressortissants indiens en ne reconnaissant pas leur citoyenneté britannique.

Par ailleurs, il importe de noter qu'en juin 1985, trois groupes différents ont revendiqué la responsabilité des attentats. En fin de compte, suite à la mort des leaders de l'organisation Deshment Regiment, morts dans les assauts portés contre le Temple d'Or, de nouveaux réseaux se sont sans doute développés, des groupes sur lesquels la police indienne possède peu d'informations (The Economist, 1985).

 
     
 

Références non électroniques

  • Blaise, Clark et Bharati Mukherjee (1987), The Sorrow and the Terror: the Haunting Legacy of the Air India Tragedy, Toronto, Penguin Books.
  • MacQueen, Ken (2000), « Arrests at last in the Air India case », 6 novembre 2000, Maclean's , Toronto .
  • MacQueen, Ken (2004), « Macabre Mathematics: The Case of Inderjit Singh Reyat - or how 329 deaths equals five years », [BC Supreme Court], 24 février 2004, Maclean's , Toronto .
  • The Economist (1985), « Air India disaster. Pointing the finger », 29 juin 1985.
  • The Economist (2003), « Canada 's terrorism trial. A long wait for trial. », 3 mai 2003.

 

 
     
 
 
     
   
 
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