L'affaire Ahmed Ressam : parcours d'un terroriste
 
     
 
Liste des membres impliqués
 
   
 

Hamid Aich
C'est un proche de Fateh Kamel. Il a été condamné à 5 ans de prison en France pour son implication dans le Groupe de Roubaix.

Après s'être battu en Afghanistan et en Bosnie, il arrive à Montréal la même année que Said Atmani, en 1995. Il a vécu dans le même appartement que Ressam. Il est suspecté d'avoir transporté illégalement des explosifs du Canada aux États-Unis. Il a aussi vécu à Burnaby, en Colombie-Britannique, avec Abdel Majid Dahoumane (Alexander & Swetnam, 2001).

En 1990, Masumi Miyake, une Japonaise convertie à l'islam, épousa Hamid Aich. Ils s'installèrent en Colombie-Britannique. Puis ils quittèrent le Canada en 1999 et ils se rendirent en Irlande. Ils eurent une petite fille et furent acceptés comme citoyens irlandais. Sur place, Aich fut en contact avec une association caritative islamique. Les autorités irlandaises établirent que celle-ci était liée à Ben Laden. Hamid Aich disparut après que la police irlandaise eut perquisitionné son appartement (Alexander & Swetnam, 2001).

 
     
 

Idriss Aklouf
Idriss Aklouf est un comptable algérien de 44 ans, vivant en France. Il comparut devant la 16e chambre correctionnelle de Paris, en 2001, poursuivi pour avoir participé à une association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et trafic de faux papiers. Le président de la 16e chambre correctionnelle a indiqué lors du procès : « Dans ses déclarations aux juges d'instruction français, Ahmed Ressam a indiqué que [son ami et complice présumé] Samir Ait Mohamed pouvait compter pour des opérations en Europe sur des relais avec lesquels il entretenait des contacts téléphoniques réguliers. » Idriss Aklouf a rejeté cette accusation. Il a indiqué lors de son procès : « Je ne suis pas un islamiste, je n'ai rien à voir avec l'islamisme ». Il a cependant admis être ami avec Samir Ait Mohamed.

L'accusation a mis en avant un ensemble de « hasards » et de coïncidences troublantes dans le parcours de Idriss Aklouf. Selon l'acte d'accusation, Aklouf est arrivé à Naples en 1996, en provenance d'Algérie. Il s'y ait procuré deux documents d'identité italiens falsifiés, portant un faux nom. Ces documents font partie de stocks volés dont certains exemplaires ont été utilisés par au moins 4 des terroristes islamistes connus dont des membres du Groupe de Roubaix.

Il émigre au Canada et y demeure de septembre 1997 à décembre 1998. Il se rend notamment à Montréal et à Vancouver. Du réseau lié à Ressam, Aklouf y connaît, selon le dossier de l'accusation, un homme clé, Samir Ait Mohamed avec lequel il a entretenu des relations téléphoniques très régulières, « 150 appels en 4 mois de 2001 », constate le président, entre son retour en Europe, en décembre 1998, et son arrestation à Marseille, en juin 2001. Il a aussi reçu une somme d'environ 2300 Euros. Selon la déclaration de l'épouse d'Aklouf, cette somme aurait servi à procurer des faux papiers italiens à son ami (ce que réfute l'intéressé). Il fut condamné à cinq ans d'emprisonnement, assorti d'une interdiction définitive du territoire français.

 
     
 

Said Atmani
Said Atmani est né à Tanger, Maroc, en 1966. Il est marié à une musulmane. Il est aussi connu sous divers alias dont celui de Karim. Il a connu Fateh Kamel à Zenica (Bosnie) et il a suivi un entraînement militaire dans un camp en Afghanistan. Après la signature des accords de Dayton, en novembre 1995, Fateh Kamel lui demande de venir au Canada. Il traverse alors l'Atlantique comme passager clandestin et débarque à Halifax en septembre 1995 (source : le RAID). Sur place, il partage le même appartement que Ressam, en 1996, et devient le bras droit de Fateh Kamel. Il mit sur pied une équipe de 12 voleurs algériens (Le Devoir, décembre 1999). Il repartit pour la Bosnie en 1998.

Il était aussi en relation avec une Canadienne du nom de Lucia Galfaro. Celle-ci fut arrêtée le 19 décembre 1999, dans le Vermont, alors qu'elle tentait de faire passer clandestinement la frontière américaine à un ressortissant algérien porteur de faux papiers français. Son mari était un ressortissant algérien qui avait été expulsé du Canada pour avoir présenté un faux passeport. Lucia Galfaro aurait essayé de faire entrer son mari au Canada. En 1997, elle se serait arrangée avec Said Atmani pour qu'il lui achète un billet d'avion pour l'Allemagne. En outre, le téléphone cellulaire de Lucia Galfaro avait en mémoire le numéro d'Abdel Meskini.

Atmani fut ultérieurement extradé de la Bosnie et les autorités lui retirèrent aussi sa double nationalité. Il fut jugé en France, en compagnie de Zaïr Choulah, par le Tribunal correctionnel de Paris, mais trop tard pour être jugé avec les 22 membres du réseau dont Fateh Kamel. Ils comparaissaient pour « participation à Roubaix, au Canada, en Turquie, en Bosnie et en Belgique, en 1996, 1997 et 1998, à une association de malfaiteurs à visées terroristes » et pour « falsification de documents administratifs. »

Photothèque La Presse

Atmani (à droite) lors de son
accusation au tribunal correctionnel
de Paris, le 27 septembre 2001.
(Photothèque La Presse )

Selon l'acte d'accusation, Saïd Atmani occupait le même rang que Ressam et Kamel, au sommet de ce trafic international de papier destiné à « faciliter l'introduction et l'exfiltration de soldats de l'islam en Afghanistan et en Bosnie. » Il se serait occupé plus particulièrement de 3 passeports. Lui admet seulement avoir recherché, à l'Institut culturel islamique (ICI) de Milan, «  un passeport scandinave falsifié pour aller au Canada, contre 500 marks  » ( Libération, du 28 septembre 2001, « À Paris, faux papiers au coeur d'un réseau islamiste »).

Dans son réquisitoire définitif, en 2000, le procureur Trévidic avait souligné

« que le numéro 354 82 91, où Saïd Atmani (utilisant 7 alias différents) pouvait être joint au Canada, avait été en relation avec le dénommé Abou Zoubeïda, chargé de la réception des moudjahidin étrangers à Peshawar (Pakistan) et responsable des relations extérieures du camp de Khalden en Afghanistan, et également proche d'Oussama ben Laden, leader actuel du jihad international. »

Il fut condamné à cinq ans d'emprisonnement pour son implication dans le trafic de faux papiers.

 
     
 

Mondher Baazaoui
Il appartient à la cellule de Bologne, proche du GIA. C'est aussi un ancien moudjahidine de Bosnie. Il est né à Kairouan (Tunisie), le 18 Mars 1967. C'est par son intermédiaire que Dumont et Bouguelane sont accueillis à Bologne. Il porte aussi le surnom de Hamza (voir UN News Center).

 
     
 

Chafik Belheouane
Restaurateur à Nice. Lien avec le Groupe de Roubaix.
Seddick Benbahlouli, Ismaïl Touanssa, Rachid Mezzou (membres suspectés du Groupe de Roubaix) et un quatrième individu non identifié partent pour la Bosnie. Ces quatre personnes ainsi que Salah Achour et un dénommé Fabrice Pinson se rendent chez Chafik Belheouane. Ils sont hébergés à Nice mais ils bénéficient également d'une aide financière de sa part. Chafik Belheouane participait en outre aussi aux réunions qui ont eu lieu avant et en même temps que les violences commises par le Groupe de Roubaix. (Source : SOS Attentats contre Réseau Khabou, Kamel, Ressam ou groupe de Roubaix). Il fut condamné en 2001 par le Tribunal correctionnel de Lille à 4 ans de prison dont trois avec sursis.

 
     
 

Hocine Bendaoui
Lien avec le Groupe de Roubaix. Des liens existent aussi avec le groupe de Fateh Kamel dans le cadre du trafic de faux documents avec la Turquie.

Hocine Bendaoui est le plus jeune des membres du Groupe de Roubaix. Il avait 18 ans au moment des faits. Il a été condamné à 18 ans de réclusion criminelle par la Cour d'assises du Nord, à Douai, pour sa participation à des actes violents (dont attaques à main armée et tentative de meurtre) du Groupe de Roubaix. Il est aussi passé en procès pour trafic de faux papiers, lié également au Groupe de Roubaix et à Fateh Kamel (condamné à 5 ans de prison et interdiction de ses droits civiques pendant 5 ans).

Bendaoui est le quatrième d'une fratrie de neuf enfants ; son parcours scolaire est marqué par des échecs. Il abandonne sa première année de BEP et fréquente régulièrement la mosquée Dawa à Roubaix parce qu'il y trouve des tables de ping-pong, affirme-t-il lors de son procès devant la Cour d'appel de Douai. En 1995, il fait son pèlerinage à la Mecque et, à la fin de la même année, il effectue un séjour humanitaire en Bosnie.

Après la fusillade avec les forces de l'ordre lors de l'assaut du RAID contre le Groupe de Roubaix, en 1996, Bendaoui prend la fuite avec Lionel Dumont et Mouloud Bouguelane. Selon le RAID, « c'est justement leur fuite qui révèlera l'importance de la cellule montréalaise de Fateh Kamel » (source site RAID). Bendaoui se rend en train dans la banlieue de Paris, en compagnie des deux autres fuyards. Ils sont hébergés par un ami, Salah Achour. Trois jours après, il revînt à Roubaix et trouva à se loger chez un complice. Il y fut rejoint par Laïfa Khabou dont il avait fait la connaissance lors d'un pèlerinage à La Mecque. Celui-ci connaissait le réseau de Kamel, au Canada, et savait comment organiser leur fuite. Les deux hommes partirent pour la Turquie avec un autre complice, Seddick Benbahlouli, 25 ans. Ils franchirent sans difficulté la frontière italienne et s'arrêtèrent à Bologne où le réseau de Fateh Kamel avait une antenne, puis ils gagnèrent Istanbul un mois plus tard. Là, ils furent hébergés par des membres du parti islamique turc El Refah (Source : SOS Attentats contre Réseau Khabou, Kamel, Ressam ou groupe de Roubaix). Khabou se livrait depuis un certain temps déjà à un trafic international de faux passeports et Bendaoui accepta de participer au trafic.

Le 18 mai 1996, un attentat est commis contre le président turc. Hocine Bendaoui a indiqué, au cours de l'enquête policière, que les individus représentés sur les photographies des passeports sont, d'après Laïfa Khabou, recherchées pour un attentat commis sur un Président en Turquie (Source : SOS Attentats contre Réseau Khabou, Kamel, Ressam ou groupe de Roubaix).

Quatre jours plus tard, Bendaoui quitte Istanbul et s'installe à Bruxelles, dans un commerce « ami ». Pendant ce temps, Khabou fait la navette entre Istanbul et Bruxelles pour préparer son voyage au Canada. L'analyse des communications téléphoniques établira qu'il y a eu un grand nombre d'appels, entre mai et juillet 1996, entre la boutique à Bruxelles, Istanbul et des appartements situés à Montréal. Notamment, les membres du réseau d'Istanbul téléphonèrent à cinq reprises à Abdallah Ouzghar, qui résidait alors à Montréal. Un autre numéro est repéré, celui de la conjointe de Fateh Kamel, Nathalie B., à Outremont. Par ailleurs, la police retrace vingt appels vers un appartement d'Anjou, à Montréal, où réside Ressam. Ces appels ont pour but de préparer l'arrivée de Laïfa Khabou à Montréal.

Parti turc islamiste. Il avait fait partie d'un gouvernement de coalition (1996-1997) avant d'être dissous en 1998 sous la pression de l'armée turque (Roy, 2002 : 37).

 
     
 

Seddick Benbahlouli
Seddick Benbahlouli est lié au Groupe de Roubaix. Il a participé à des réunions qui ont eu lieu avant et en même temps que les actions violentes commises par le Groupe. Au cours de ces réunions, il fut discuté des possibilités de se procurer des armes en Bosnie, pour les acheminer en Algérie, mais aussi de celle de participer à des actes terroristes sur le territoire français.

Seddick Benbahlouli a hébergé Salah Achour et il est aussi parti quelques jours avec lui en Turquie après leur départ de France. Les enquêteurs ont pisté Sehli Benbahlouli au Yemen, au Burkina Faso, au Togo et en Belgique. Il a été condamné le 6 avril 2001 par le Tribunal correctionnel de Paris, pour sa participation à un trafic de faux papiers, à 3 ans de prison et interdiction de ses droits civiques pendant 5 ans.

 
     
 

Mouloud Bouguelane
Appartient au Groupe de Roubaix. Il a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle par la Cour d'assises du Nord, à Douai (France), en 2001, pour attaques à main armée, tentatives de meurtres et une tentative d'attentat commise le 28 mars 1996 à Lille.

Mouloud Bouguelane est né en 1970 à Valenciennes (France), de parents Kabyles venus d'Algérie. Il est abandonné enfant à la DASS par ses parents. À l'âge de 7 ans, il est adopté, avec son frère aîné, par un couple d'enseignants d'Avesnes-sur-Helpe. Il a une adolescence plutôt ordinaire dans une petite communauté rurale de Valenciennes et il obtient son bac dans une institution catholique. Il entre ensuite à la faculté de sciences de Lille pour y suivre des études de mathématiques. « Lille c'était la ville des plaisirs », dit-il. Il se montre peu assidu en cours. En 1992, il rencontre aussi Christophe Caze, un étudiant en médecine converti à l'islam, dans un foyer étudiant. Bouguelane abandonne ses études au bout de la première année et il part pour la Croatie, via une ONG, puis il se rend en Bosnie en compagnie d'un certain Bimian Zefferini. Il fait des voyages humanitaires en Bosnie en 1993 et 1994. En 1994, il devient moudjahidine dans les rangs bosniaques. Il y aurait été instruit par Abdelkader Mokhtari, alias Abou El-Maali. Il y rencontre là la plupart des autres membres du futur Groupe de Roubaix. En 1995, il revient en France et travaille brièvement comme VRP pour vendre des guides juridiques.

En décembre 1995, les « anciens de Bosnie » fréquentaient la mosquée Al Daawa de Roubaix. Au début de 1996, le groupe se lance dans des actions violentes et dans le grand banditisme. Bouguelane et Lionel Dumont, parviennent à s'enfuir de France après l'assaut donné par le RAID contre le groupe, le 29 mars 1997. Ils se réfugient en Bosnie, via la banlieue parisienne (où ils sont hébergés par Salah Achour), Nice puis l'Italie (grâce à l'appui sur place d'islamistes proches du GIA dont Mondher Baazaoui), où Zefferini les y rejoint. C'est là qu'il est arrêté avec Lionel Dumont, en 1997, pour s'être livrés à des vols et à des braquages. Au cours de l'un d'eux contre une station-service, Zefferini et un policier bosniaque sont tués. Ils sont tous deux condamnés à 20 ans de réclusion criminelle pour cette attaque. Mais Dumont parvient à s'enfuir de la prison bosniaque où il purgeait sa peine tandis que Boughelane est transféré en France.

 
     
 

Adel Boumezbeur
Appartient à la cellule de Montréal. Actuellement détenu en Algérie. Algérien, Adel Boumezbeur est cuisinier. Le bail de l'appartement de la rue Malicorne, à Montréal, où vivaient Ressam et Saïd Atmani, est à son nom.

La police française a établit que c'est lui qui leur ouvrit la porte lors de la perquisition d'octobre 1999 (voir document Affaire Ressam). Lors de la perquisition de son appartement, à la suite de la requête lancée par le juge Bruguière, furent découverts des documents « démontrant ses contacts avec des mouvements intégristes en Europe proches du GIA, d'une part et 7 passeports volés au Canada et un passeport belge falsifié, d'autre part » (Source : SOS Attentats contre Réseau Khabou, Kamel, Ressam ou groupe de Roubaix). Pour ces faits et son implication dans le trafic de faux papiers, Ressam fut condamné, en France, à 5 ans de prison avec interdiction définitive du territoire français.

 
     
 

Christophe Caze
26 ans, Français, originaire de Roubaix (Nord de la France). Avec Lionel Dumont, ils sont les principaux acteurs des attaques et attentats de Roubaix.

Christophe Caze fait des études de médecine et a terminé sa cinquième année de médecine. Il se rend en Bosnie pour des raisons humanitaires puis il se convertit à l'islam et fait preuve d'un grand zèle. Selon le RAID, « Quand il est à Zenica, il s'amuse à jouer au football avec les têtes des Serbes qu'il a coupées à l'hôpital. Lorsqu'il séjourne en France, il n'a de cesse de convaincre ses amis de partir faire le jihad en Bosnie » (Source : RAID).

Il a comme guide religieux Abou Hamza, imam de la mosquée de Finsbury Park, à Londres. Il compte aussi dans ses relations à Zenica un autre Français converti à l'Islam, Lionel Dumont ainsi que Fateh Kamel dont il a aussi fait la connaissance en Bosnie. Après leur départ de Bosnie, à la suite des accords de Dayton, en 1995, Fateh Kamel les incite à commettre des attentats en France. Caze, Dumont et des camarades forment alors une bande, nommée le Groupe de Roubaix. Au début de l'année 1996, Abou Hamza envoya, de Londres, plusieurs centaines de livres sterling à Christophe Caze (Source : RAID). En compagnie de Dumont, Caze va récupérer des armes lourdes en Bosnie et les ramène en France. En cas de problème, ils savent pourvoir « compter sur l'aide du réseau de Fateh Kamel pour s'évanouir dans la nature » (Source : RAID).

La police recherche activement tous les membres. Ils finissent par repérer le domicile de l'un d'entre d'eux, Omar Zemmiri, et y donnent l'assaut. La confrontation est violente et les hommes à l'intérieur de l'appartement ripostent. Les autres membres du groupe, installés dans d'autres lieux, prennent la fuite. À la frontière belge, les gendarmes arrêtent une voiture à bord de laquelle se trouvent Christophe Caze et Omar Zemmiri. Les 2 occupants ouvrent le feu et les gendarmes ripostent. Christophe Caze, qui conduisait la voiture, est tué dans l'échange de coups de feu.

En fouillant le cadavre de Caze, les policiers découvrent un agenda électronique, de marque Sharp, qui contient une trentaine de numéros codés. C'est cet agenda qui leur permettra de remonter, entre autres, jusqu'au réseau de Fateh Kamel à Montréal. Plusieurs numéros les conduisent aussi à Abou El-Maali. Mais aussi à cinq numéros en Grande-Bretagne. L'un correspond à Abou Hamza et l'autre à une agence bancaire, à Londres, de la Barclays mais le nom n'a pas pu être identifié (Source : RAID).

 
     
 

Zoheir Choulah
Zoheir Choulah est un algérien originaire d'Annaba. Il utilise aussi l'alias de Abdulbar. Il est lié est à un trafic de faux papiers et connaît Christophe Caze qu'il a rencontré en Bosnie. Il était proche de Boudjelkha, un membre de l'ex-bureau national du FIS et il a passé 2 ans dans un bataillon de moudjahidins bosniaques, à lutter contre les Serbes. Il a voulu rejoindre le Canada en passant avec des faux papiers et a participé à un trafic de faux papiers. Il s'envola de Kuala Lumpur (Malaisie) en direction de Tapei (Taiwan) mais là, il fut arrêté par la police des frontières. Il utilisait un passeport canadien appartenant à Abdellah Ouzeghar . Il a été extradé de Bosnie et déchu de sa nationalité bosniaque. Renvoyés trop tard, avec Saïd Atmani, en France, pour être jugé avec les 22 autres membres du réseau de faux papiers, dirigé par Fateh Kamel, ils furent jugés en France dans un procès distinct.

Choulah comparut et fut condamné par le Tribunal correctionnel de Paris, avec Saïd Atmani, pour sa « participation à Roubaix, au Canada, en Turquie, en Bosnie et en Belgique, en 1996, 1997 et 1998, à une association de malfaiteurs à visées terroristes » et pour « falsification de documents administratifs ». On lui reprocha principalement trois faux passeports falsifiés. Lors de son procès, il nia les faits : « Je suis en dehors (du réseau), moi, je veux des passeports pour aller au Canada avec ma femme et ma fille ». Selon ses affirmations, il a dû émigrer avec sa famille « à cause de la propagande sur les étrangers, tous considérés intégristes et terroristes, après Dayton ». « Je suis parti avec ma femme à Istanbul, et j'ai fait deux demandes de visa légalement avec mon passeport bosniaque et ça a échoué ». Zoheir Choulah, qui avait l'argent nécessaire de « Mustapha, un Saoudien de Bosnie », a donné 10 000 francs à un complice pour lui ramener 3 passeports du Canada (Libération, 28 septembre 2001, « À Paris, faux papiers au Coeur d'un réseau islamiste »).

En Turquie, son point de chute était l'organisation humanitaire IHH qui, selon le procureur, « abrite des terroristes ayant essayé d'attenter à la vie du président turc ». Selon Choulah, « Je ne sais pas s'il y a des terroristes à l'IHH, mon intérêt, c'est d'avoir des papiers ». Au sujet de Caze, il dira : « Je suis un musulman religieux pratiquant pas un sectaire. Caze n'a jamais abordé ce sujet là devant moi, car sa connaissance de l'islam n'est pas suffisante pour m'endoctriner. Tuer des gens innocents, ce n'est pas dans ma croyance » (ibid). Il a été condamné à 5 ans de prison avec interdiction définitive du territoire français.

 
     
 

Adbelmajed Dahoumane

(Photo : Excerpted from Usama Bin Laden's
al-Qaida: Profile of a Terrorist Network
,
by Yonah Alexander and Michael S. Swetnam,
NY: Transnational Publishers, 2001. 

Lien avec Ahmed Ressam. Des enquêtes ont révélé, suite à l'arrestation d'Ahmed Ressam, que Dahoumane avait partagé pendant trois semaines la chambre d'un motel, à Vancouver, en 1999. Des produits chimiques, servant à la confection d'engins explosifs, y avaient été entreposés. Lors de son témoignage, Ressam le présenta comme un vieil ami.

Dahoumane est né le 6 janvier 1967 en Algérie. On le connaît sous plusieurs alias : Dahoumane Abdemajid, Dahouman Abdemajid, Abdelmajid Rougi, Le Rouquin, Adel Majid, Majid. Il a vécu en Algérie, en Allemagne et au Canada. Il a suivi un entraînement dans les camps afghans. Il a été arrêté le 25 mars 2001 par les forces de sécurité algériennes. Il était alors activement recherché par les autorités américaines qui avaient offert une prime de cinq millions de dollars pour sa capture.

« Les officiels ont annoncé qu'ils n'ont pas seulement questionné M. Dahoumane à propos de ses activités lors des célébrations de l'an 2000 avec M. Ressam mais également à propos de ces liens possibles avec le réseau de Ben Laden. Jusqu'à aujourd'hui, silence dans la presse algérienne » (New York Times, 7 december 2000).

Abdelmajid Dahoumane s'enfuit en Afghanistan. Le Département d'État américain offrit une récompense de plus de 5 millions de dollars pour des informations conduisant à sa capture et à sa condamnation. Il fut plus tard arrêté par les forces algériennes de sécurité et condamné pour des actes de terrorisme (Andrea Koppel & David Ensor, « Suspect in Alleged U.S. Millenium Plot Arrested in Algeria », New York Times, February 21, 2001).

 
     
 

Haydar Abou Doha
Amar Makhlouf, algérien, est plus connu sous le pseudonyme d'Abou Doha. Il est surnommé le « docteur » dans les milieux islamistes. Il est soupçonné d'avoir rencontré, fin 1998, Ben Laden en Afghanistan, et d'avoir créé, pour le compte d'al-Qaïda, une cellule terroriste composée d'Algériens, vivant à Londres pour la plupart. Les autorités américaines le soupçonnent d'être le véritable cerveau des attentats du millénaire et d'avoir dirigé l'action d'Ahmed Ressam et de Moktar Haouari (voir USA v. Abou Doha, Southern District of New York, 2001).

Lors de l'arrestation de Ressam à la frontière américano-canadienne, la police trouva une carte d'affaires portant mention d'un numéro de téléphone à Londres, qui se révéla être celui de Abou Doha. Ahmed Ressam rencontra Abou Doha dans les camps d'entraînement d'Afghanistan. D'après les déclarations de Ressam, Abou Doha travaillait avec Al Montaz, qui est présenté comme le responsable du groupe algérien dans le camp de Khalden. Chaque cellule était responsable d'une zone particulière. Abou Doha était responsable de celle de l'Europe. En 1999, il s'installe en Angleterre et met en place des réseaux sur l'ensemble de l'Europe occidentale. Selon Pierre de Bousquet de Florian, le patron de la DTS en France, « C'est lui le principal catalyseur, dont on ne dira jamais assez le rôle nodal » (Libération, Vendredi 06 décembre 2002, « Des réseaux terroristes très mobiles et autonomes »).

Ressam a affirmé avoir demandé à Abou Doha des papiers permettant à Abdelghani Meskini de voyager pour se rendre dans les camps d'entraînement en Afghanistan (voir document Affaire Ressam). Toujours selon Ressam, Abou Doha participa à des réunions destinées à étudier des cibles américaines ou israëliennes pouvant être frappées à la fin de l'année 1999, aux États-Unis et au Moyen-Orient (voir Opérations du Millénaire).

Abou Doha fut arrêté en Angleterre en février 2001. Dans son appartement, les autorités britanniques trouvèrent notamment des passeports et des annotations chimiques pour des explosifs.

 
     
 

Lionel Dumont
News photoNé en 1970 à Marcq-en-Bareuil (région lilloise, nord de la France), dans une famille ouvrière de huit enfants. Selon le témoignage de sa soeur, Marie-Dominique Deman, lors du procès des membres du Groupe de Roubaix, c'était quelqu'un de  très sensible, idéaliste, rêveur, qui ne supportait pas l'injustice ». Après une année passée à la Faculté de lettres, il fait un an de service militaire en Somalie où il dit avoir rencontré Allah. Dumont sera condamné par contumace le 19 octobre 2001 à la réclusion criminelle à perpétuité pour son implication dans les actes violents et attaques à main armée commis par le Gang de Roubaix.

Comme Christophe Caze, il part en Bosnie pour des raisons humanitaires. Aide directe, l'ONG par lequel il a transité, sert de paravent à une organisation islamiste radicale, Takfir wa Hijra (« Expiation et Exil ») (L'Humanité, les Archives de l'Humanité, « ... Un des réseaux du terrorisme islamiste mondial », SB). En Bosnie, Dumont devient un moudjahidine, épouse une jeune bosniaque musulmane et combat les Serbes.

De retour en France après les accords de Dayton, il participe avec Caze et les autres membres du Groupe de Roubaix à diverses actions violentes. Après l'assaut donné par les forces de police, il parvient à s'enfuir hors de France. Avec Boughelane, un complice, ils se réfugient en Bosnie, via la banlieue parisienne, Nice puis l'Italie, où ils sont rejoints par Zefferini.

Pour faciliter la fuite de Dumont et de Bouguelane, et celle de Bendaoui, Salah Achour se met immédiatement à la recherche de faux papiers. Avec les documents falsifiés, Dumont et Boughelane passent les frontières et voyagent jusqu'en Italie. C'est par l'intermédiaire de Mondher Baazaoui qu'ils sont accueillis à Bologne.

En Bosnie, Dumont, qui a pris le pseudonyme « d'Abou Hamza », et Bouguelane sont arrêtés en 1997 pour s'être livrés à des vols et à des braquages. Dumont est condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour cette attaque mais il parvient à s'enfuir, en 1999, de la prison bosniaque où il purgeait sa peine.

On retrouve notamment sa trace au Japon. Il arrive à Tokyo le 17 juillet 2002 muni d'un faux passeport au nom de Gérald Camille Armand Tinet. Grâce à ce passeport, il peut obtenir une carte de résident étranger puis il ouvre un compte postal pour effectuer des transferts bancaires importants. (Le Figaro, 28 mai 2004). Il s'insère dans la communauté des vendeurs de voitures d'occasion de Niigata et se met à chercher et revendre des pièces détachées de voitures (témoignage d'un de ses collègues de travail).

Il est finalement interpellé en Allemagne le 13 décembre 2003 dans la chambre d'un hôtel, à Munich. Il doit bientôt comparaître devant la Cour d'assises du Nord pour répondre des actions violentes commises avec le Groupe de Roubaix. On ne sait pas exactement ce qu'il fit pendant ces années, à l'exception de son passage au Japon, ni des rencontres qu'il a pu faire. Cet épisode a fait l'objet d'une information judiciaire, ouverte le 5 septembre 2004, qui a été confiée aux juges antiterroristes Bruguière et Ricard. Plusieurs observateurs se demandent, en effet, si Dumont n'a pas essayé de monter une cellule terroriste au Japon. Lionel Dumont aurait voyagé, outre le Japon, en Malaisie et en Thaïlande où il a rencontré sa femme, Célia, une Allemande de Francfort (Le Figaro, 10 février 2005, « Lionel Dumont bientôt devant les assises du Nord », Jean Chichizola).

 
     
 

Abou El Maali
L'agenda électronique découvert sur le corps de Christophe Caze, outre le réseau de Montréal, comportait un volet bosniaque. Celui-ci mit les policiers sur la trace d'Abou El Maali (Source : Le RAID). Âgé d'une quarantaine d'années, Abou El Maali, de nationalité algérienne, est un ancien de la guerre d'Afghanistan menée contre les Russes. Il s'installe ensuite à Zénica où il devient le responsable d'une légion de volontaires musulmans venus aider les Bosniaques et combattre les Serbes et les Croates.

 
     
 

Saïd Gacemi
Lié à Ahmed Ressam et Fateh Kamel à Montréal. Saïd Gacemi fréquentait l'appartement de la rue Malicorne, à Montréal.

 
     
 

Groupe de Roubaix
Fateh Kamel est en lien avec certains membres du Groupe de Roubaix, dont Christophe Caze, qu'il a connu en Bosnie, et il est impliqué dans un trafic de faux papiers. C'est à ce titre également que Ressam sera condamné par la justice française.

Le procès du Groupe de Roubaix a eu lieu en 2001 devant la Cour d'assises du Nord, à Douai. Le groupe était jugé pour sept attaques à main armée et une tentative d'attentat à la veille d'un sommet du G7 à Lille, au premier trimestre de 1996. Cinq membres du groupe y ont été jugés (Mouloud Bouguelane, Omar Zemmiri et Hocine Bendaoui), dont deux (Lionel Dumont et Seddik Benbahlouli) par défaut. Quatre membres du gang ont été tués lors de l'assaut des policiers du RAID menée le 29 mars 1996 (Rachid Souimdi, Saad Elahiar, Nuri Altinkaynak et Amar Djouina). Le chef présumé du gang, Christophe Caze, a été tué en Belgique pendant sa fuite. Lionel Dumont, condamné par contumace, devrait être jugé bientôt pour son implication dans le Groupe de Roubaix.

Leur groupe est soupçonné également d'avoir des liens avec le GIA algérien ainsi qu'avec Abou Hamza (via notamment Christophe Caze). Mais aussi avec Laïfa Khabou, un faussaire, qui faisait partie d'une cellule installée à Istanbul et dirigé par un autre ressortissant algérien, Ben Belkheir Mohamed. L'affaire du Groupe de Roubaix permit le démantellement d'un vaste réseau de trafic de faux documents entre la France, l'Amérique du Nord, la Turquie, la Bosnie et la Bulgarie.

Après les accords de Dayton et leur départ de Bosnie, Fateh Kamel, qui connaît aussi El Maali, incite Caze et Dumont à commettre des attentats en France. Selon Kamel, la France est « coupable de soutenir les militaires algériens qui ont empêché la prise du pouvoir par le Front Islamique du Salut à la suite d'élections » (Source : Le RAID : « L'intervention contre les fanatiques de Roubaix »). Pour aider les moudjahidines à se déplacer et à fuir après les attentats, Kamel mit en place un trafic de faux papiers auquel le Groupe de Roubaix sera lié.

Caze, Dumont et des camarades forment une bande, dénommée le Groupe de Roubaix (ou Gang de Roubaix selon les auteurs et les articles). Il leur faut tout d'abord trouver des fonds pour alimenter leur cause. Le 27 janvier 1996, deux ou trois d'entre eux, dont peut être Lionel Dumont mais les forces de police n'en sont pas certaines, volent une voiture, une Audi, à Roubaix sous la menace de leurs armes. En début de soirée, ils sont repérés par deux policiers qui pensent avoir affaire à de petits voleurs et tentent de les intercepter. Il s'ensuit une fusillade au cours de laquelle les policiers sont blessés.

Une semaine plus tard, le groupe repasse à l'action. Ils dévalisent les caisses d'un magasins. Le 8 février 1996, ils braquent le magasin Aldi de Croix, près de Roubaix, et tirent à plusieurs reprises sur le commerçant. Ils quittent les lieux avec 20 000 francs et sont poursuivis par une voiture de police. C'est Lionel Dumont qui conduit la voiture, une Renault 25, dans les rues de Roubaix. Il entre en collision avec un autre véhicule et ses trois complices tirent à bout portant sur les policiers. L'un des hommes du gang, qui porte une Kalachnikov, s'approche d'un automobiliste et lui demande les clés de sa Mercedes. Le conducteur, Hammoud Feddal, est paniqué et tarde à s'exécuter. Son agresseur tire alors 7 fois sur lui et le tue. Les 4 hommes s'enfuient en courant puis s'emparent d'une Peugeot 205, toujours sous la menace de leurs armes.

Un peu plus tard, Christophe Caze et Lionel Dumont quittent la région quelques semaines pour aller récupérer des armes lourdes en Bosnie. Lorsqu'ils reviennent, Caze planifie un attentat contre une réunion des ministres des Finances du G-7, à Lille (nord de la France). Mais avant, huit hommes du groupe attaquent un fourgon de transport de fonds de la compagnie Brink's au lance-roquette et à l'arme lourde. Les dégâts sont importants mais ils ne parviennent à s'emparer des fonds.

Trois jours avant la réunion du G-7, Christophe Caze décide d'une nouvelle attaque. Le groupe laisse en stationnement, face au commissariat central de Lille, une Peugeot 205 contenant 3 bonbonnes de gaz reliées à un détonateur. L'explosion est prévue pour 20 h 30 et la lourdeur de la charge doit détruire le quartier sur 200 mètres. Mais cette action échoue et une petite explosion seulement secoue le véhicule, sans causer de dégâts.

Depuis des jours, les policiers recherchaient les membres du groupe et les avaient pris en filature. Ils ont l'adresse d'un des membres du groupe, Omar Zemmiri, situé 59 rue Henri-Carette. Les forces de police décident d'y donner l'assaut le 29 mars 1996, tôt le matin. La confrontation est violente et les hommes à l'intérieur de l'appartement ripostent. Un des policiers est touché au poumon par une balle tirée d'une Kalachnikov, qui perfore son gilet pare-balles. Trois membres du gang, depuis l'étage, jettent une grenade au rez-de-chaussée blessant un des policiers. Le feu se déclare alors. Le plancher du 1er étage s'effondre.

Dans les décombres, les hommes du RAID découvrent 4 cadavres calcinés, identifiés comme ceux de Rachid Souimdi, Saad Elahiar, Nuri Altinkaynak et Amar Djouina.

Les autres membres du groupe, à savoir,  Lionel Dumont, Mouloud Bouguelane et Hocine Bendaoui, installés dans d'autres lieux, prennent la fuite. C'est leur fuite qui mettra en évidence l'importance de la cellule montréalaise de Fateh Kamel.

À la frontière belge, les gendarmes belges arrêtent une voiture à bord de laquelle se trouvent Christophe Caze et Omar Zemmiri. Les 2 occupants ouvrent le feu et les gendarmes ripostent. Christophe Caze, qui conduisait la voiture, est tué mais Omar Zemmiri parvient à s'enfuir. Il pénètre dans la villa d'un dentiste où il prend deux femmes en otages. Mais, blessé, il finira par se rendre aux forces de police.

En fouillant le cadavre de Caze, les policiers découvrent un agenda électronique, de marque Sharp, qui contient une trentaine de numéros codés. C'est cet agenda qui leur permettra de remonter, entre autres, jusqu'au réseau de Fateh Kamel à Montréal. « Le Canada est (...) considéré de longue date par les services français comme une base de repli de militants islamistes d'origine algérienne » (source : Le RAID). Plusieurs numéros les conduisent à Abou El Maali mais aussi à cinq numéros en Grande-Bretagne. L'un correspond à Abou Hamza et l'autre à une agence bancaire, à Londres, de la Barclays mais le nom n'a pas pu être identifié. L'agenda de Caze révèle également un numéro codé à Montréal ; il est indiqué sous la mention « Fatha, Can ». Quelques mois plus tard, ce même numéro est retrouvé, à Nice, sur l'ordinateur d'un militant proche du Gang de Roubaix. Les policiers identifient finalement le nom associé à Mohamed Omary alias Yocine. Mais, en fait, ce numéro correspond à Fateh Kamel .

 
     
 

Abou Hamza
Lien avec Christophe Caze, du Groupe de Roubaix. L'agenda électronique de Christophe Caze comportait cinq numéros en Grande-Bretagne. L'un d'eux correspondait à un homme connu des spécialistes du renseignement, Abou Hamza, ancien imam de la mosquée de Finsbury Park, à Londres. Son vrai nom est Kamel Mostapha, surnommé « l'Égyptien » ou « le Manchot ». C'est un ancien des maquis afghans. Il y a perdu un oeil et les mains en manipulant, dit-il, des explosifs. Il est considéré comme l'un des porte-parole officieux du GIA. Il a été un temps rédacteur en chef de la revue El Ansar.

 
     
 

Abderraouf Hannachi
Lié à Ressam. Canadien d'origine tunisienne.
Hannachi faisait partie du cercle restreint qui fréquentait l'appartement de la rue Malicorne. C'était aussi un fidèle régulier de la mosquée Assuna Annabawiyah, à Montréal. Il agissait un peu comme recruteur. Plus âgé que les autres jeunes gens (il est dans le milieu de la quarantaine), il leur racontait comment il avait entraîné des jeunes hommes dans les camps de Ben Laden en Afghanistan. Il avait appris le maniement des armes à feu, les AK-47, et même le maniement des lances roquettes et leur enseignait qu'ils pouvaient eux aussi aller s'entraîner en Afghanistan. Selon les déclarations d'Ahmed Ressam, c'est lui qui organisa son voyage sur l'Afghanistan.

 
     
 

Mokhtar Haouari
Photo La PresseAlgérien, il est natif d'Arzew (Oran). Relié à Ressam et aux attentats du millénaire. Il était spécialisé dans l'impression de cartes de crédit et de chèques contrefaits. Il avait travaillé sur des identités volées par des terroristes opérationnels au Canada et en Europe.

Emprisonné à New York, il a comparu aux États-Unis et a été condamné par un jury à 24 ans de prison pour « conspiracy to provide material support to a terrorist act and of four counts of fraud » (United States District Court for the Southern District of New York ; John F. Keenan, Judge). Ahmed Ressam a témoigné à son procès en échange d'une réduction de sa peine.

Haouari est arrivé au Canada en 1993, via la France et la Suisse, avec un faux passeport français établi au nom de Abderrahmane Boumazrek. Le 24 août 1993, deux semaines après son arrivée au Canada, il se présente à un bureau des services de l'immigration pour solliciter le statut de réfugié politique. Il dit avoir appartenu au Front islamique du salut (FIS) jusqu'en 1992 et, à ce titre, il a participé à des actions non violentes. Il se prétendit menacé par les autorités algériennes (pour avoir transporté des armes) et par le FIS et c'est à ce titre qu'il sollicite le statut de réfugié politique. Après des recherches, notamment auprès d'Interpol qui ne le connaît pas, les services de l'immigration canadiens ne peuvent établir aucune affiliation politique et, le 19 juillet 1994, sa demande est rejetée. Il n'est cependant pas renvoyé dans son pays et il fait plusieurs fois appel de cette décision. Il bénéficie aussi du moratoire du Ministre de l'Immigration sur le renvoi des ressortissants algériens qui demandent le statut de réfugiés politiques.

Au Québec, il bénéficie de prestations sociales de septembre 1994 à avril 1999. Mais il est aussi propriétaire d'un magasin d'artisanat « Artisanat Nord-Sud », situé au 4009, rue Saint-Laurent. C'est Fateh Kamel qui le lui a vendu. Il a permis à Ressam d'obtenir une Carte MasterCard (en indiquant que Ressam travaillait dans son magasin), il lui a aussi remis 3000 $ en liquide et l'a mis en contact avec un ami, Meskini, pour que celui-ci l'aide aux États-Unis. Dans l'appartement de Haouari, les policiers ont aussi découvert un ordinateur capable d'imprimer des cartes de crédit et de débit vierges.

À la suite de l'arrestation de Ressam en décembre 1999, les polices américaine et canadienne ont pu reconstituer une partie du réseau mis en place. Suite aux révélations de Abdel Ghani Meskini, arrêté à son tour à New York le 25 décembre 1999, Mokhtar Haouari est arrêté à Ville d'Anjou (périphérie de Montréal) par la Gendarmerie royale canadienne. Reconnu coupable de complicité dans un projet d'attentat par la fourniture de fausses cartes d'identité et d'argent liquide à des complices, Mokhtar Haouari est condamné à 24 ans de prison.

 
     
 
 
     
   
 
2002-2014, ERTA